La petite seconde de plus dans la mesure du temps, c’est fini

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Temps universelLa petite seconde de plus dans la mesure du temps, c’est fini

L’ajout d’une seconde dite intercalaire pour corriger le Temps universel en fonction de la rotation de la Terre va disparaître d’ici à 2035, a-t-il été décidé vendredi lors de la Conférence générale des poids et mesures.

Il va falloir déterminer une valeur maximale pour la différence tolérée, qui permette au Temps universel de rester la référence pour au moins un siècle, sans besoin de correction à cause du temps astronomique.

Il va falloir déterminer une valeur maximale pour la différence tolérée, qui permette au Temps universel de rester la référence pour au moins un siècle, sans besoin de correction à cause du temps astronomique.

Image d’illustration/Pixabay

La «seconde intercalaire» va être abandonnée dans la mesure du temps. Une décision prise pour éviter les difficultés posées par la prise en compte de cette correction, dans les systèmes d’infrastructures numériques ou de communication. Ces systèmes, comme par exemple ceux de navigation par satellite, fonctionnent de manière extrêmement précise grâce à des horloges atomiques.

Du temps astronomique

Le Temps universel (UTC) est le seul à faire foi officiellement. C’est celui que l’on trouve par exemple dans l’horloge d’un smartphone. Il est calculé à partir de mesures obtenues avec des horloges atomiques, corrigées du temps astronomique, ou temps GMT, qui est lui calculé à partir de la vitesse de rotation de la Terre.

Ce temps astronomique varie: la vitesse de rotation de la Terre est notamment ralentie par des effets de marée à cause de la Lune et du Soleil. Depuis 1972, on a ainsi ajouté 27 «secondes intercalaires» au Temps universel pour qu’il coïncide avec le temps astronomique. Cette introduction d’une seconde intercalaire est apportée quand la différence entre les temps astronomique et universel approche 0,9 seconde.

Cet événement irrégulier est calculé et «annoncé moins de six mois à l’avance, ce qui rend impossible sa programmation dans les systèmes informatiques, les horloges et autres instruments dépendant du temps», selon le Laboratoire national de physique britannique.

Les opérateurs de réseaux numériques et de systèmes de navigation par satellite, comme le GPS américain ou le GLONASS russe, appliquent des méthodes d’introduction de seconde intercalaire «qui ne suivent pas de normes convenues», souligne la résolution adoptée par la Conférence des poids et mesures (CGPM) réunie à Versailles.

Un danger

Cette confusion représente un danger pour la résilience d’infrastructures nationales critiques, toujours selon la résolution. D’autant que pour la première fois, de récentes observations astronomiques prévoient une légère accélération de la vitesse de rotation de la Terre, et donc la nécessité de retrancher une seconde au Temps universel. Un cauchemar en perspective pour les gestionnaires d’infrastructures pour lesquelles la mesure du temps est indispensable.

La Conférence a donc décidé de s’affranchir de cette contrainte de coordination en augmentant, d’ici à 2035 au plus tard, la différence tolérable entre les temps astronomique et universel. Autrement dit, de se passer de la seconde intercalaire.

La résolution a chargé le Comité international des poids et mesures de déterminer d’ici là une valeur maximale pour la différence tolérée, qui permette au Temps universel de rester la référence pour au moins un siècle, sans besoin de correction à cause du temps astronomique. Les résolutions préparant la manoeuvre sont attendues à la prochaine CGPM, en 2026  – la Conférence se réunit en effet tous les quatre ans.

(AFP)

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