Actualisé 23.03.2019 à 10:14

SantéLa pétition d'un jeune contre la 5G fait un carton

Un citoyen de Gland s'inquiète des dangers du nouveau réseau pour la santé et a récolté plus de 27'000 signatures en un mois. Un moratoire est demandé, et les communes sont invitées par les Verts à refuser les antennes.

de
Pauline Rumpf
Le Glandois Marvin Grimm, âgé de 21 ans, est l'auteur d'une pétition pour un moratoire sur la 5G. Le voici au pied du bâtiment Odyssea de l'EPFL, sur le toit duquel se trouve l'une des premières antennes 5G de Swisscom.

Le Glandois Marvin Grimm, âgé de 21 ans, est l'auteur d'une pétition pour un moratoire sur la 5G. Le voici au pied du bâtiment Odyssea de l'EPFL, sur le toit duquel se trouve l'une des premières antennes 5G de Swisscom.

Sébastien Anex

Déjà plus 27'000 signatures, et le compteur ne cesse de monter en Suisse romande et au-delà: la pétition créée par Marvin Grimm il y a un mois cartonne. Le Glandois s'inquiète de l'arrivée de la 5G dans son pays, et persuadé qu'il n'était pas le seul, a décidé de se lancer afin de demander l'arrêt de l'installation du réseau.

«Je pensais que j'obtiendrais peut-être 300 signatures, mais cet engouement montre bien que les citoyens sont inquiets, explique le jeune homme. En Suisse on nous consulte sur tout et n'importe quoi, mais devant quelque chose d'aussi important et qui touche notre santé, on ne nous demande pas notre avis. Ça ne va pas!»

A 21 ans, l'infirmier assistant (assc) se dit concerné par les questions de santé, mais également d'écologie. La pétition liste d'ailleurs des risques du réseau 5G pour l'homme mais également pour les animaux et les plantes, en citant des sources scientifiques et médiatiques. Contacté par des associations actives contre la 5G, Marvin a désormais rejoint «5G moratoire pour la suisse».

«Pas sûr que les décideurs comprennent les enjeux»

«Il faut du recul avant de se lancer dans une telle technologie, estime Ghislaine Jacquier, membre de cette association. Le dossier est très complexe et je doute que les décideurs comprennent tous les enjeux. La contestation ne vient presque que du public. Des lobbys très puissants financent d'ailleurs certaines études, c'est malsain.»

L'association Parler Partout s'est récemment mobilisée sur la Place fédérale contre le réseau 5G. Pour Lionel Delaloye, qui en fait partie, c'est une question de choix de société. «Le réseau actuel n'est pas du tout trop lent, estime cet amateur de jeux vidéos. La 5G sera surtout utile aux grandes entreprises, mais nous ne voulons pas d'un monde où tout est connecté, et où on continue à gaspiller des ressources comme les matériaux rares. Il faut plutôt tendre vers la décroissance.»

Plus d’un milliard d’abonnés à la 5G en 2023

Bien qu’il n'en est encore qu'à ses balbutiements, le réseau 5G commence à faire son trou.

Communes invitées à refuser les antennes

Les Verts Vaudois ont d'ailleurs envoyé un courrier jeudi en invitant les 309 communes du canton à refuser les antennes sur leur territoire, au moins jusqu'à la publication d'une étude mandatée par l'Office fédéral de l'environnement. Les conclusions de ce rapport étant prévues pour cet été, le parti écologiste critique le fait que la Confédération ne les ait pas attendues avant de mettre aux enchères les concessions pour l'exploitation de la 5G malgré un manque de garanties concernant ses dangers.

Les oppositions pleuvent déjà face à de nombreux projets d'antenne. Des conflits ont eu lieu à Orbe, Moutier, Le Vaud ou encore La Tour de Peilz, pour n'en citer que quelques uns. Swisscom indique qu'environ un tiers de ses installations sont combattues par des oppositions, et que son plan de déploiement à court terme comprend 15'000 nouvelles antennes si la firme ne peut pas mettre à niveau celles déjà existantes.

Normes limites extrêmement strictes

Tant Salt que Swisscom se défendent en indiquant prendre très au sérieux les questions de santé liées à 5G, expliquant que toutes leurs émissions respectent les normes limites établies par la Confédération. Celles-ci sont parmi les plus strictes du monde, rappellent les deux opérateurs. Les fréquences utilisées ne sont pas différentes de celles de la 2G, de la 3G et de la 4G, ajoute Swisscom.

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