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Vote du 9 févrierLa peur de l'étranger a joué un grand rôle

La pression liée à la densité démographique n'a pas été déterminante dans le succès de l'initiative contre l'immigration de masse le 9 février.

Le scrutin du 9 février s'est joué sur les valeurs personnelles des votants, confirme une étude dont le Conseil fédéral a pris acte mercredi.

L'analyse a été réalisée par l'institut de recherche zurichois Sotomo du politologue Michael Hermann. Elle conforte l'analyse VOX réalisée juste après la votation qui attribuait un poids important au clivage gauche-droite.

Le taux d'approbation de l'initiative ne correspond pas aux dynamiques de croissance des communes, conclut M.Hermann. Ni la densité de population de la région, ni la croissance de la population, ni la disparition des surfaces agricoles n'ont exercé une influence directe sur le scrutin.

La peur d'un bétonnage du territoire n'a joué qu'un rôle marginal. L'attitude face à l'étranger a pesé vingt fois plus.

Dominante isolationniste

Les personnes se sont déterminées avant tout en fonction de leur système de valeurs. Les communes où le «oui» a été le plus fort sont celles où la tendance isolationniste en matière de politique étrangère et la méfiance à l'égard des étrangers sont les plus grandes et où le poids de la tradition et de l'identité nationale sont les plus forts.

Le scepticisme face à la libre circulation est lié à la forte immigration des dernières années. Il a augmenté depuis 2009, mais il a progressé de manière proportionnelle à l'orientation nationale-conservatrice et non au fait que la commune du votant compte beaucoup d'étrangers ou non.

La comparaison avec d'autres scrutins portant sur des thèmes similaires confirme ce constat. Les résultats de la votation du 9 février concordent à 95% avec ceux de l'initiative sur le renvoi (2010) et à 93% de l'initiative sur les minarets (2009).

La proximité avec une frontière n'a pas favorisé une plus grande approbation. Le Tessin fait exception: 7% de oui au texte de l'initiative correspondent à une aversion spécifique à l'égard de la libre circulation, sans lien avec l'attitude politique de base. (ats)

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