Vaccination Covid-19 - La peur de l’aiguille rebuterait une personne sur six
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Vaccination Covid-19La peur de l’aiguille rebuterait une personne sur six

Selon l’infectiologue zurichois Jan Fehr, on n’a pas fait assez pour dissiper leur crainte de recevoir le sérum et ainsi booster le nombre de personnes vaccinées.

Le taux de vaccination serait influencé par la peur de la piqûre.

Le taux de vaccination serait influencé par la peur de la piqûre.

jbm

La trouille, ça ne se commande pas et ce n’est pas une tape dans le dos et des paroles d’encouragement qui permettront de la surmonter. Dans la «NZZ am Sonntag», Jean Fehr, infectiologue, analyse les raisons qui poussent certains à ne pas se faire vacciner et parmi les motifs, la peur de l’aiguille est sous-estimée. Une étude de l'Université du Michigan qui compile 35 recherches conclut que chez 16% de la population, la peur de l’aiguille est si forte qu’elle évite les vaccinations dans la mesure du possible.

Peur inversement proportionnelle à l’âge

Dans le détail, jusqu’à 50% des adolescents et 30% des jeunes adultes souffrent de l’angoisse de la seringue. Plus l’âge avance, plus la crainte diminue. Chez les personnes de plus de 80 ans, elle est pratiquement inexistante. Il est également frappant de constater qu’un nombre supérieur à la moyenne d’employés hospitaliers (27%) craint la seringue. Les femmes ont également tendance à être plus touchées que les hommes. Il est intéressant de noter que ces résultats sont également en corrélation avec le taux de vaccination en Suisse, qui est particulièrement faible chez les jeunes. Parmi les personnes âgées de 20 à 29 ans, seuls 40% ont été vaccinés jusqu’à présent, alors que le chiffre pour les personnes âgées de 70 à 79 ans est de 80%.

Approche mieux ciblée

Selon Jan Fehr, trop peu d’attention a été accordée à ces personnes et à leurs préoccupations. Le taux de vaccination pourrait être augmenté si nous parvenions à les convaincre. «La question n’est pas de savoir si tous ceux qui veulent se faire vacciner y ont accès. La question est plutôt: avons-nous fait tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer que toutes les personnes qui le souhaitent ont été vaccinées? Je ne pense pas que nous l’ayons fait», conclut le spécialiste. Pour y parvenir, il faudrait identifier les peurs et, par exemple, vacciner dans des endroits neutres, qui ne «sentent pas l’hôpital», avec des gens habillés en civil (peur de la blouse blanche). Enfin, les campagnes ne devraient pas mettre en avant le symbole de la seringue. Des astuces existent comme des pansements qu’on applique avant l’injection pour désensibiliser la peur ou des moyens d’injection ressemblant à des stylos comme ceux utilisés pour les diabétiques.

Détourner l’attention

L’invention d’une équipe espagnole peut être une solution. Ces développeurs ont mis au point un cylindre qui se place sur la partie supérieure du bras. À l’intérieur, et donc invisible, se trouve non seulement la seringue, mais aussi de nombreuses petites broches métalliques qui appuient doucement sur la peau. Elles stimulent l’endroit où l’injection va se faire de sorte que la piqûre elle-même est à peine perceptible.

(jbm)

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