Actualisé 29.09.2011 à 18:50

Politique monétaire

La phase actuelle est très dangereuse

Le président de la Banque nationale suisse Philipp Hildebrand a affirmé jeudi à Genève que l'économie mondiale est dans une phase très dangereuse.

«Dans un environnement marqué par une incertitude extrême, les risques à la baisse se sont considérablement accrus», a affirmé le président de la BNS lors d'une conférence publique à l'Institut national genevois organisée avec le concours de Genève Place financière. Devant une salle archi-comble de près de 300 personnes, Philipp Hildebrand s'est longuement exprimé en répondant aux questions du public.

«Malheureusement, je ne suis pas très optimiste. Je viens de rentrer de Washington et il est très rare, depuis 15 ans, que j'aie constaté une atmosphère aussi morose, aussi difficile, aussi inquiète» à l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, a-t-il confié d'emblée.

Incertitude extrême

«Nous sommes dans une phase sans aucun doute très dangereuse avec des problèmes énormes à résoudre», a déclaré Philipp Hildebrand. Il a averti que le risque d'une interaction négative entre l'économie réelle et le secteur financier augmente. Le problème de la dette souveraine en Europe pourrait encore s'aggraver et la croissance américaine s'affaiblir davantage, a dit le président de la BNS.

«La situation globale est marquée par des incertitudes extrêmes. Le risque est réel que ces incertitudes entravent une croissance déjà faible», a poursuivi Philipp Hildebrand.

Recapitaliser les banques

Il faut agir vite, a estimé le responsable. «J'appuie à 100% Christine Lagarde. Il faut recapitaliser les banques européennes», a affirmé le président de la BNS. «Il faut agir rapidement pour mettre le système bancaire à l'abri des problèmes», a-t-il ajouté.

«Pour la Suisse, le fait que l'Europe soit prête à agir doit être salué», a déclaré Philipp Hildebrand. «Il faut éviter que le problème de la dette souveraine qui est pour le moment un problème de périphérie infiltre comme un cancer le coeur de l'Europe», a poursuivi le président de la BNS, en soulignant que le problème est gérable au niveau de l'UE.

Il a estimé que l'Union européenne (UE) doit aller vers une union fiscale. «La souveraineté absolue fiscale n'est pas compatible avec l'union monétaire sur la durée», a estimé Philipp Hildebrand.

«Nous vivons une rupture profonde qui peut être positive sur le long terme. Le plus vite on saura s'adapter, le mieux ce sera pour la place financière», a encore déclaré le responsable de la BNS.

Cours plancher

Philipp Hildebrand a répété que la BNS est prête à acheter des devises en quantité illimitée pour défendre le cours plancher de 1,20 euros. «On va le défendre à tout prix, il n'y a pas de discussion sur une stratégie de sortie», a répondu le responsable à un banquier genevois. «Le problème de l'inflation ne se pose pas, raison pour laquelle le plancher est crédible», a-t-il ajouté.

Interrogé sur les quantités de devises que la BNS doit acheter chaque jour pour défendre le franc suisse, Philipp Hildebrand a affirmé: «La BNS ne se prononce pas sur le comment, le quand et le combien de cette opération». Il a écarté la solution de taux d'intérêt négatifs, «qui n'a pas fonctionné dans le passé». La BNS «investit de manière diversifiée les devises qu'elle achète là où les occasions se présentent», a-t-il expliqué, en écartant également la création d'un «fonds souverain» helvétique.

(ats)

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