Actualisé 05.08.2016 à 07:44

Rio 2016La photo-finish a encore gagné en précision aux JO

Les épreuves d'athlétisme, ainsi que d'autres compétitions des Jeux olympiques, vont bénéficier cette année d'innovations dernier cri.

par
Oliver Dufour
Rio de Janeiro
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Le première machine de mesure photo-finish date de 1948. Elle était baptisée l'Oeil Magique. Cet appareil filmait une image continue de la ligne d'arrivée en permettant de varier les vitesses en fonction de la discipline mesurée.

Le première machine de mesure photo-finish date de 1948. Elle était baptisée l'Oeil Magique. Cet appareil filmait une image continue de la ligne d'arrivée en permettant de varier les vitesses en fonction de la discipline mesurée.

Au fil des ans, la technologie a progressivement évolué pour offrir toujours plus de précision. Ici le modèle datant de 1992.

Au fil des ans, la technologie a progressivement évolué pour offrir toujours plus de précision. Ici le modèle datant de 1992.

En 2008, la caméra photo-finish ressemblait encore à ceci.

En 2008, la caméra photo-finish ressemblait encore à ceci.

David Baumann

Il y a quatre ans pile, le 4 août 2012, Nicola Spirig devenait championne olympique de triathlon à Londres, sacrée au terme d'un final à couper le souffle. Il avait fallu recourir à la photo-finish pour départager la Zurichoise et sa dauphine, la Suédoise Lisa Norden. Après de très longues minutes d'analyse des images et de délibérations des juges, la victoire avait été attribuée à Spirig pour seulement 9 centièmes de seconde.

La fin de course à partir de 1'20

Cette année, la championne olympique défendra son titre à Rio de Janeiro, le samedi 20 août prochain, lors du pénultième jour des épreuves brésiliennes. Si jamais elle devait à nouveau vivre une course aussi serrée pour la victoire qu'à Londres, la technologie permettra certainement cette fois de rendre un verdict encore plus rapide. Le chronométreur officiel Omega a en effet mis au point un système de mesure offrant encore plus de fiabilité sur les lignes d'arrivée des épreuves de course. Celui-ci sera utilisé pour la première fois dans des Jeux olympiques cette année.

Un rythme de 10'000 images par seconde

Dans les épreuves d'athlétisme et de cyclisme sur piste exclusivement, la caméra spéciale Scan O'Vision Myria, développée par l'horloger suisse, est un nouvel oeil intégrant détecteur de temps et chronographe. Déclenchée dans les derniers mètres de course, elle permet de mitrailler la ligne d'arrivée à un rythme effréné de 10'000 images digitales par seconde sur une seule ligne verticale. Sa sensibilité à la lumière améliorée permet en outre d'offrir des captures jusqu'à quatre fois plus nettes qu'avec de précédents modèles, permettant en principe aux juges de rendre un verdict toujours moins discutable. «Le temps ne changera jamais, rappelle Alain Zobrist, CEO d'Omega Timing. Une seconde sera toujours une seconde, mais la façon dont nous la mesurons est ce qui va changer. Et ce qui a déjà beaucoup changé par le passé.»

Autre grande nouveauté à faire son apparition sur les lignes d'arrivée cette année, la barrière de cellules photoélectriques à quatre faisceaux, qui sera pour sa part servie dans toutes les courses comprenant une ligne d'arrivée, y compris le triathlon. Récemment encore, un système à deux faisceaux était employé pour capturer les données de passage des athlètes sur la ligne. L'innovation en système de mesure quadruple permet de détecter encore plus de contours et postures de corps au moment où l'athlète termine sa course, ce qui signifie que la précision est, là encore, augmentée. «Etant donné ce que les athlètes traversent aux Jeux, nous leurs devons d'assurer un service de première classe, surtout lorsque tout se joue au centième ou au millième de seconde», relate Hans Gubler, leader du projet de management des résultats d'Omega Timing.

Innovations au tir à l'arc et au golf

Au cours des épreuves olympiques, une équipe de 480 professionnels sera déployée par le chronométreur officiel pour assurer la bon fonctionnement du chronométrage dans toutes les épreuves faisant appel à ces services, y compris la natation, où le système de mesure utilisé à Rio intégrant des starting-blocks dernier cri avec LED, senseurs et micros intégrés, ainsi que les «touch pads» permettant aux nageurs d'arrêter eux-mêmes le chronomètre à l'arrivée – «le seul sport où ça se passe ainsi», rappelle Hans Gubler – était déjà en place voici quatre ans à Londres. Parmi les autres premières de ces JO brésiliens, on signalera de nouveaux tableaux d'affichage des résultats (sur lesquels peuvent se greffer des animations ou les photos des concurrents), des starting-blocks munis de capteurs intégrant de nouveaux capteurs de faux-départs (qui mesurent la pression du pied du coureur jusqu'à 4000 fois par seconde), des cibles de tir à l'arc munies de scanners de mesure (jusqu'ici les résultats étaient toujours mesurés à l'œil à l'aide d'une lunette) mais aussi, retour olympique oblige, des tableaux de scores pour les épreuves de golf, affichant des mesures de vitesse, de distance estimée et de hauteur de la frappe de balle.

Si avec tout ça les sportifs trouvent encore matière à protester dans toutes ces disciplines, c'est... qu'eux restent pour leur part toujours profondément humains!

Twitter: @Oliver_Dufour

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