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La pilule a permis d'éviter 100'000 morts par cancer de l'ovaire

La pilule contraceptive a permis de prévenir 100.000 morts de cancers des ovaires et 200.000 cas dans le monde depuis son introduction il y a près de 50 ans.

C'est ce que révèle une étude publiée dans la dernière édition de la revue britannique, The Lancet.

Pour parvenir à cette estimation, le professeur Valerie Beral (Oxford, Royaume-Uni) et ses collègues d'un Groupe collaborateur consacré à ce cancer ont préalablement analysé 45 études épidémiologiques sur le cancer ovarien provenant de 21 pays (principalement d'Europe et des Etats-Unis) et incluant 23.257 femmes atteintes de ce cancer ainsi que 87.303 femmes non atteintes.

"Au cours des prochaines décennies, au moins 30.000 cas supplémentaires de cancer ovarien seront probablement évités chaque année en raison de l'utilisation de la pilule", ajoute l'étude.

Quelque 120 millions de femmes dans le monde utilisaient la pilule en 2002, dont 80 millions dans les pays en développement, à moyen et bas revenus; cette dernière proportion étant appelée à croître, le nombre de vies épargnées lié à l'usage de la pilule aussi, avancent même les auteurs.

Les contraceptifs oraux ont été reliés à un risque accru de quelques cancers (sein, col de l'utérus) et à un effet protecteur pour d'autres (ovaires, corps de l'utérus, cancer colorectal), rappellent des spécialistes canadiens dans Lancet.

Cet article confirme le caractère protecteur des contraceptifs oraux vis-à-vis du cancer de l'ovaire, mais de façon "impressionnante" et au delà du doute, souligne un éditorial de Lancet. Il montre en effet que cet avantage protecteur persiste des années durant.

Dans les pays riches, selon l'étude, dix ans de recours à la pilule réduirait, avant 75 ans, l'incidence (nouveaux cas) de cancers de l'ovaire de 12 pour 1.000 femmes à 8/1.000 et la mortalité de 7/1.000 à 5/1.000.

"Les bénéfices des contraceptifs oraux contre le cancer de l'ovaire sont indépendants de leur composition", souligne Lancet. Tout en rappelant les contre-indications (problèmes de thromboses/ caillots sanguins, maladie cardiaque, hépatique...) des contraceptifs, la revue Lancet, estimant que les bénéfices l'emportent sur les risques, plaide pour un "plus large accès" des femmes - sans passer obligatoirement par une ordonnance -à ce "puissant agent préventif du cancer".

Ces travaux ont été financés par l'association caritative britannique Cancer Research UK. (ats)

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