Second degré: La «pipe» à 160 francs fait causer dans la rue
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Second degréLa «pipe» à 160 francs fait causer dans la rue

La campagne d'affichage d'un salon érotique émeut certains Genevois. L'Etat l'a pourtant approuvée.

par
tpi

«Je trouve ces affiches un peu choquantes, surtout le fait que les tarifs soient annoncés», s'offusque un passant. «Elles me font bien marrer», rétorque une étudiante. Une chose est sûre, les affiches du salon érotique Venusia ne laissent personne indifférent. Placardées depuis le milieu de la semaine dernière, elles abordent le sexe tarifé avec un certain second degré.

«On ne voulait pas faire la même chose que tout le monde», explique Lisa, propriétaire des lieux. Le but est d'interpeller le badaud en accolant un objet familier avec un prix exorbitant. Le quidam aura besoin d'un petit peu de réflexion pour comprendre le message, «à part pour la pipe», s'amuse Lisa. Et à ceux qui trouvent ces publicités un peu osées, elle répond un truculent: «C'était soit ça soit une femme à poil.»

L'Etat garant des bonnes mœurs

En tout cas ces publicités n'ont pas ému la société d'affichage SGA, qui les a mises en place. «Nous avons un premier filtre interne, mais c'est rare que nous refusions une affiche, précise le directeur commercial de la société pour la Suisse romande, Olivier Stüssi. Quoi qu'il en soit, le dernier mot revient à l'Etat. Nous lui avons d'ailleurs soumis l'encart en question.»

Chose que confirme le Département de la sécurité, de la police et de l'environnement (DSPE) chargé de traiter ce genre de cas. «La loi stipule que les affiches contrevenant aux bonnes mœurs sont interdites, précise Hana Sultan Warnier, secrétaire adjointe au DSPE. Mais avec tout ce que les citoyens peuvent voir sur internet notamment, ils sont moins facilement choqués. Par contre, nous n'allons pas dans le sens d'une plus grande permissivité.»

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