La «piste vita» des bars avait fait un mort
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La «piste vita» des bars avait fait un mort

Le procès d'un sexagénaire s'est ouvert devant la Cour criminelle du Tribunal d'arrondissement de Lausanne. Cet ancien étancheur est accusé d'assassinat, pour avoir tué un compagnon de beuverie en septembre 2004.

L'homicide a été commis au moyen d'un vieux mousqueton militaire. La victime a été tuée d'une balle tirée à bout portant dans le front. Un soupçon de vol d'argent est à l'origine du drame.

«Pistes vita»

Le meurtrier et la victime, qui se connaissaient depuis une dizaine d'années au moment du drame, étaient des amis proches. Régulièrement, ils effectuaient ensemble des beuveries, se livrant à la tournée de nombreux bars, dans ce qu'ils appelaient leurs «pistes vita». Parfois, ils fumaient également de la cocaïne.

La nuit précédant l'homicide, les deux hommes ont consommé une quantité importante d'alcool et acheté à deux reprises de la cocaïne, dépensant beaucoup d'argent. Au petit matin, le meurtrier, trouvant son porte-monnaie vide, aurait accusé sa victime de lui avoir volé de l'argent.

Après avoir tenté de déposer plainte dans un poste de police - duquel il a été renvoyé en raison de son état d'ébriété -, l'homme est allé se reposer chez lui. A son réveil, peu avant 10h00 du matin, il s'est saisi de son mousqueton et s'est rendu chez son ami.

Selon l'acte d'accusation, l'accusé serait alors entré chez la future victime. Il l'aurait frappé, avant de le menacer, puis de lui tirer une balle dans la tête. Laissant sa victime sur place, il s'est alors rendu au bord du lac pour tenter sans succès de se suicider, avant de contacter la police et de se livrer.

Homicide accidentel

Durant l'instruction, l'homme a fourni des explications très confuses et souvent contradictoires. A l'audience, il a soutenu n'avoir jamais voulu tuer son ami, et lui avoir tiré dessus «par accident».

Selon lui, il ignorait que son arme, reçue après l'accomplissement de ses obligations militaires, était chargée. Son seul but était de menacer son ami, dont il prétend qu'il lui avait volé son porte-monnaie et refusait de le lui rendre.

Durant son école de recrue et ses cours de répétition, l'homme n'avait jamais utilisé le type d'arme qui lui a été fourni. En la manipulant quelques mois avant le drame, il avait déjà tiré à deux reprises par accident dans le plafond de son appartement.

Les jurés devront déterminer si l'homicide a été commis de manière intentionnelle ou par négligence. En droit pénal, l'assassinat est passible de la réclusion à vie. Le jugement devrait tomber lundi prochain. (ats)

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