Elections fédérales 2019: La place en politique coûte toujours plus cher
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Elections fédérales 2019La place en politique coûte toujours plus cher

Certaines sections cantonales réclament de l'argent aux candidats pour figurer en tête de liste. En cas de victoire, des élus doivent également verser de grosses sommes.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Certains partis facturent très cher leurs têtes de liste.

Certains partis facturent très cher leurs têtes de liste.

Keystone

A l'approche des élections fédérales, les candidats au Conseil national cherchent souvent à se placer en tête de liste, synonyme d'élection facilitée. Mais la place est toujours plus chère, certaines sections cantonale n'hésitant pas à demander 5000 francs pour placer un nom en bonne position, explique le «Blick».

Première constatation, une forte majorité des sections cantonales exigent de l'argent et plus la place est haute dans la liste, plus elle est chère. A Zurich, les Vert'Libéraux réclament 4000 francs pour figurer parmi le Top 6 et 500 francs pour les suivantes. S'il est élu, le futur conseiller devra ensuite verser 35'000 francs au parti cantonal.

Le parti a changé sa politique voici quatre ans. A l'époque, le candidat devait verser 40'000 francs tout de suite, sans savoir s'il allait être élu. Mais les conditions varient fortement entre les sections cantonales. Si Tiana Angelina à Zürich doit s'acquitter de 39'000 francs en cas de réélection, son collègue de parti argovien Beat Flach ne recevra aucune facture.

PS et UDC moins gourmands

Même constat au sein du Parti Bourgeois-Démocratique. Les candidats lucernois et saint-gallois ne verseront aucune dîme mais les Argoviens ont dû payer jusqu'à 35'000 francs en cas d'élection en 2015. Le montant pour 2019 n'a pas encore été fixé.

Le PLR n'est pas gratuit non plus. Sa section cantonale dans les Grisons exige de ses candidats un ticket d'entrée entre 6000 et 15'000 francs. En cas d'élection, le vainqueur devra verser environ 20'000 francs.

De quoi faire sourire les candidats du PS et de l'UDC qui ne paient rien ou nettement moins que leur rivaux bourgeois. Ces partis expliquent appliquer d'autres critères pour sélectionneur leurs têtes de liste.

Se faire connaître

La pratique de faire passer les candidats à la caisse ne fait pas l'unanimité entre les partis et au sein des formations. «Je pense que c'est une mauvaise idée de vendre les têtes de liste des partis. Ce qui compte pour nous, c'est la capacité d'un candidat, pas sa richesse», explique Sebastian Dissler, secrétaire du PS lucernois.

En outre, cette habitude exclut de facto les bas et moyens revenus d'une candidature au Conseil national, déplore Stefan Rüegger, directeur de campagne du PS à Zurich. Les jeunes en sont les premières victimes. «Cela détruit l'égalité des chances», ajoute le jeune conseiller national Fabian Molina (PS/ZH), qui a déjà entendu des plaintes à ce sujet dans les autres partis.

Cette problématique n'a pas échappé aux partis bourgeois. En 2011, le ticket d'entrée était de 4000 francs pour le BDP à Lucerne. «Seules les personnes âgées se sont présentées aux élections. Aucun jeune n'est prêt à investir autant», a expliqué le président du parti, Denis Kläfiger. Qui voit une autre raison pour les candidats d'ouvrir leur portefeuille. «Il s'agit moins d'être élu que d'obtenir des voix et de faire de la publicité pour soi-même et pour le parti - surtout en vue des élections locales de 2020.»

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