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Journée pour le travail décentLa Place fédérale transformée en bagne

Dans le cadre de la journée mondiale pour le travail décent, la population a été invitée mardi à travailler sur la Place fédérale, transformée pour l'occasion en bagne.

Au menu des travaux forcés: ateliers de couture de ballons et carrière de pierres.

Cette action s'inscrit dans le cadre de la campagne de l'Oeuvre suisse d'entraide ouvrière (OSEO) «Non à l'exploitation grâce à nos impôts», a indiqué l'organisation mardi dans un communiqué. L'OSEO, le Parti socialiste et différents syndicats veulent ainsi inviter les collectivités publiques à mener une politique d'achats équitable.

«Il n'est pas tolérable que les pavés qui bordent nos trottoirs soient extraits par des enfants en Inde ou que les textiles utilisés dans nos hôpitaux soient fabriqués en Chine dans des conditions inhumaines», dénonce l'OSEO. Avec 36 milliards de francs dépensés annuellement pour ce type d'achat, la Suisse dispose d'une position forte sur le marché pour faire évoluer les pratiques.

Premier bilan positif

Autre exemple, les quelque 1,5 million de ballons de football importés chaque année par la Suisse sont le plus souvent achetés par des écoles, institutions pour lesquelles le seul critère d'achat est généralement le prix. Selon l'OSEO, il est en effet très rare que les acheteurs s'inquiètent de la provenance ou des conditions de production des ballons.

Mais l'organisation ne dénonce pas seulement le travail des enfants, même s'ils constituent la majorité des employés. «Le salaire des femmes et des hommes qui fabriquent des ballons suffit à peine pour nourrir une famille. Cela doit changer !», exige-t- elle.

L'OSEO tire cependant un premier bilan positif de cette campagne, lancée en avril dernier. «Des propositions politiques ont déjà été déposées dans 22 communes et sept cantons», se réjouit- elle.

Aldi visé par Unia

En compagnie de l'OSEO, Unia s'est engagé dans le cadre de cette journée. Si le syndicat dénonce aussi les pratiques étrangères, il soulève de plus le problème des conditions de travail en Suisse.

Unia critique ainsi les méthodes appliquées par le discounter allemand Aldi. Selon lui, des tranches horaires de 14 heures et le travail sur appel sont monnaie courante au sein de l'entreprise. Les employés, souvent des femmes, sont de plus engagés à 50 % mais doivent être prêts à travailler à temps plein.

Aldi réfute toute accusation

Contacté par l'ATS, Aldi réfute toutes ces accusations. «Notre entreprise n'a pas recours au travail sur appel et les horaires sont communiqués au personnel deux semaines à l'avance», a rétorqué Sven Bradke, porte-parole du groupe.

M. Bradke précise que les contrats ont été examinés par un institut scientifique et déclarés similaires au reste de la branche du commerce. «Par rapport à nos concurrents, le salaire proposé est même supérieur.»

(ats)

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