Actualisé 11.07.2020 à 06:40

Missions spatiales

«La planète Mars n’est pas aussi morte qu’on le croit»

Parce qu'elle ressemblait à la Terre à ses débuts, Mars est le seul endroit dans l'univers où l'homme a des chances de trouver des traces d'une vie extra-terrestre ancienne. Et jamais l'exploration de la planète rouge n'a été si prometteuse.

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afp
Photo prise le 28 décembre 2019: elle montre le cratère de Jezero, site d'atterrissage de la mission Mars 2020 de la NASA. «Cette mission sur la planète rouge ne cherchera pas seulement des traces éventuelles de vie passée, il servira également de précurseur à une mission humaine vers Mars, avait déclaré déclaré les scientifiques de la NASA le 27 décembre 2019.

Photo prise le 28 décembre 2019: elle montre le cratère de Jezero, site d'atterrissage de la mission Mars 2020 de la NASA. «Cette mission sur la planète rouge ne cherchera pas seulement des traces éventuelles de vie passée, il servira également de précurseur à une mission humaine vers Mars, avait déclaré déclaré les scientifiques de la NASA le 27 décembre 2019.

AFP

Trois missions (Emirats arabes unis, Chine, Etats-Unis) profiteront cet été d'un positionnement céleste favorable pour envoyer une nouvelle volée de robots sur Mars, en orbite ou sur la planète la plus convoitée du système solaire.

«Mars est la priorité des explorations spatiales car on sait qu'il y a des milliards d'années, elle a été habitable», a expliqué lors d'une conférence de presse Jean-Yves Le Gall, le président du CNES, l'agence spatiale française qui a conçu l'un des principaux instruments de la mission «Mars 2020» de la Nasa.

Alors que la Lune est «désespérément vide de vie», Mars semblait «prometteuse du point de vue de l'habitabilité dès le XVIIe siècle», les premières observations montrant la possibilité de présence d'eau gelée au pôle sud, retrace l'astrophysicien Francis Rocard dans son ouvrage «Dernières nouvelles de Mars».

En 1976, deux atterrisseurs américains du programme Viking fournissent pour la première fois des données in situ sur l'atmosphère, le sol... montrant qu'il n'y avait pas de vie présente en surface de ce grand désert glacé. «Ce fut un coup de bambou», qui a beaucoup ralenti l'exploration martienne pendant 20 ans, raconte ce spécialiste du système solaire, interrogé par l'AFP.

«Il a fallu changer la stratégie, avec un nouvelle doctrine, devenue «suivez l'eau, suivez le carbone, suivez la lumière»– les présupposés pour la formation du vivant», poursuit-il.

Projet très attendu en 2021

Au début des années 2000, la preuve que de l'eau liquide y avait coulé en quantité a ravivé les passions, et depuis, chaque mission apporte «de plus en plus d'évidences que Mars n'est pas aussi morte qu'on le croit», détaille Michel Viso, exobiologiste.

Le travail du rover Perseverance de la Nasa, qui doit se poser en février 2021, est très attendu. Complémentaire du robot Curiosity, oeuvrant dans un cratère martien depuis 2012, Perseverance élira domicile dans un environnement encore inexploré: le cratère Jezero, dont il doit prélever des échantillons pour les ramener, à terme, sur Terre – ce sera une première.

Ce bassin de 45 km de diamètre est un candidat idéal pour avoir pu conserver des traces d'une vie passée à sa surface. Il est riche en roches sédimentaires (argiles et carbonates, des pièges à vie), et, surtout, son relief en delta est attribué à l'embouchure d'un ancien fleuve.

En étudiant la géologie de Jezero, le rover pourra caractériser l'environnement géochimique qui a vu la naissance du lac, permettant de comprendre «l'histoire de l'eau», espère Francis Rocard.

«Car oui, de l'eau a coulé sur Mars, mais la question qui nous taraude, c'est: pendant combien de temps ? Le plus longtemps sera le mieux pour que le vivant ait pu se former», souligne l'astrophysicien.

On ignore cependant, pour notre propre planète, quelle durée d'écoulement d'eau a permis la vie. Ni même quand exactement elle est apparue.

Mêmes conditions que la terre

Décrypter l'histoire de Mars, c'est donc aussi éclairer celle de la Terre. Et tenter de comprendre pourquoi, alors qu'il y a quatre milliards d'années, les deux planètes réunissaient les mêmes conditions favorables, la vie est restée sur l'une, et aurait disparu sur l'autre.

Sur Terre, les premières traces de vie remontent à 3,5 milliards d'années – un milliard d'années après sa formation – mais «c'est sûr que le vivant remonte à plus loin», selon Jorge Vago, expert scientifique à l'Agence spatiale européenne (ESA), dont la propre mission ExoMars partira en 2022 forer le sol martien.

La tectonique des plaques terrestres, qui renouvelle régulièrement la croûte terrestre en profondeur, empêche toute préservation de cette vie ancestrale. Mars est exempte de tectonique et donc susceptible d'avoir conservé dans ses entrailles la marque d'une vie «originelle» d'il y a plus de 4 milliards d'années.

Réponses: pas avant dix ans

Et s'il n'y avait jamais eu de vie ? Le retour de fragments martiens sur Terre, espéré depuis des décennies, sera décisif pour pouvoir enfin statuer, car ils pourront être analysés en profondeur par des instruments ultra performants, comme des synchrotrons. «S'il y a quelque chose, c'est à travers ces échantillons qu'on sera sûrs de la réponse qu'on apporte», résume Michel Viso.

Mais de tels fragments ne sont pas attendus avant dix ans, tant ce retour est une mission complexe. Et la réponse sera aussi difficile à interpréter: «Il s'agira d'un ensemble de faisceaux de présomptions qui nous amèneraient à dire +oui, ces molécules sont sans doute les restes d'une activité métabolique, microbienne par exemple», selon l'expert.

Il existe d'autres candidates potentielles à la vie extra-terrestre, comme Encelade et Europe, deux lunes de Saturne et Jupiter. Mais en rapporter des échantillons ou forer leur épaisse couche de glace relève pour l'heure de la science-fiction.

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72 commentaires
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Ouaip

11.07.2020 à 10:34

Si tous les pollueurs se tirent sur mars, on a des chances de se retrouver peinards. Non?

Mars

11.07.2020 à 10:29

Il ne faut pas confondre : » il y’a eut de La vie sur mars et mars planète d’accueil « quand c’est mort c’est mort

Martial Thunzone

11.07.2020 à 10:05

On va y envoyer la Greta et la Mazzone pour qu’elles y fassent leur monde écolo parfait et on ira peut être y habiter une fois en place ... je suis curieux de voir le désastre euh pardon le résultat