Football: La polémique enfle après l'accident d'Amiens

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FootballLa polémique enfle après l'accident d'Amiens

Samedi soir pendant un match de Ligue 1, une barrière s'est effondrée sur des spectateurs. Il y aurait au moins 29 blessés dont certains se trouvent dans un état grave.

Dimanche matin, tous les supporteurs blessés avaient quitté l'hôpital, à l'exception de six d'entre eux se trouvant «dans un état stable» et restés en observation, selon le Centre hospitalier d'Amiens. Ils pourraient sortir dans la journée.

Les différentes parties ont joué l'apaisement à la mi-journée dans la polémique née samedi soir sur les responsabilités dans l'accident.

Sous le regard du président de l'Amiens SC Bernard Joannin, le représentant du Losc (club de Lille), son directeur commercial Yann Chevallier, n'a pas souhaité raviver les tensions, s'en remettant aux conclusions de l'enquête ouverte en flagrance par le parquet pour «blessures involontaires».

Une instruction disciplinaire a de plus été annoncée par la Ligue du football professionnel pour jeudi prochain. Elle peut déboucher potentiellement sur une amende, un huis clos partiel ou total, un match perdu ou un retrait de point pour le club receveur. Le directeur général de la LFP Didier Quillot a cependant rappelé que «ce stade avait été homologué par la commission de la fédération et de la Ligue».

Le quart d'heure de jeu lorsque le Lillois Fodé Ballo-Touré est allé célébrer un but devant ses supporteurs. Les fans lillois se sont alors pressés vers le bas de leur tribune, faisant ployer une barrière grillagée haute d'un mètre environ. Des dizaines de supporteurs sont alors tombés d'un bon mètre cinquante et ont été écrasés par leurs camarades du dessus. La polémique a pris d'autant plus d'ampleur que le stade de la Licorne d'Amiens est en travaux pour rénovation de sa verrière et des sièges pour toute la saison, après sa montée historique dans l'élite à la surprise générale.

Mais «on vient de s'entretenir avec le préfet de la Somme qui nous a confirmé qu'il n'y a aucun rapport entre les travaux menés actuellement dans le stade et l'effondrement de la barrière», a souligné Didier Quillot.

Arrêter les polémiques

La maire de Lille Martine Aubry (PS, opposition de gauche) s'est posée en médiatrice : «Arrêtons les polémiques sur l'accident. Pensons d'abord aux blessés, et attendons les résultats de l'enquête», a-t-elle appelé sur Twitter.

Le parquet d'Amiens a en effet annoncé l'ouverture d'une enquête pour «blessures involontaires». Une expertise du stade, sur lequel des scellés ont été placés, était en cours dimanche et sera terminée dans les prochains jours.

La polémique a pris d'autant plus d'ampleur que le stade de la Licorne d'Amiens est en rénovation pour toute la saison, sa première en Ligue 1. La tribune latérale face à celle de l'incident est d'ailleurs fermée pour réfection.

Déclarations tapageuses

Dans un pays marqué par l'effondrement de la tribune du stade de Furiani à Bastia en 1992 (18 morts et des milliers de blessés), l'effondrement de la barrière avait aussitôt déclenché une controverse.

«Il n'y a pas de problème de barrière», a déclaré samedi soir le président de l'Amiens SC. «Les services de police nous avaient prévenus que 200 ultras très énervés étaient dans le parcage réservé aux Lillois. Ils se sont lancés de façon désordonnée -plus de 500 personnes- sur cette barrière qui était en parfait état».

Ses propos sur les fans lillois ont blessé. «C'est vrai que ma communication a été maladroite», s'est excusé Bernard Joannin dimanche devant la presse. Gérard Lopez, président du Losc qui a racheté le club la saison dernière, s'était dit dimanche matin «choqué» par les «déclarations tapageuses» de son homologue amiénois auprès de l'AFP.

«Parler d'un problème des supporteurs visiteurs à travers les stades du monde, quand un truc comme ça se passe, c'est une aberration. Alors il faut arrêter les derbys, il faut tout arrêter. Le problème est ailleurs...», a-t-il tempêté, «triste» pour les blessés. Le dirigeant a exprimé ses doutes sur les conditions de sécurité: «Des groupes de supporters de Strasbourg, de Marseille, de Nice, ont clairement indiqué que pendant leur passage, l'équipement en question n'était pas hyper solide. J'ai vu des photos du stade, des ancrages des barrières...».

Georges Penel, un supporteur lillois de 21 ans blessé au genou et au dos, a trouvé «choquant qu'il puisse se passer quelque chose comme ça dans un stade en Europe alors qu'un simple fumigène est prohibé». «Il n'y a pas eu d'agressivité mais de la joie» tandis qu'«Amiens c'était pas top niveau sécurité», a-t-il jugé. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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