La polémique sur le rôle des Etats-Unis dans l'affaire des FARC
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La polémique sur le rôle des Etats-Unis dans l'affaire des FARC

Le rôle joué par les Etats-Unis dans l'incursion menée contre un camp FARC et leur numéro deux Raul Reyes tué par l'armée colombienne, début mars en Equateur, est au centre d'une vive polémique.

Les relations entre Bogota et Quito sont toujours tendues.

«Nous gagnons la guerre contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - guérilla marxiste) grâce aux Etats-Unis qui partagent des informations qui demeuraient auparavant secrètes», a révélé à l'AFP un haut fonctionnaire du ministère de la Défense qui a requis l'anonymat.

«Aujourd'hui, nous (les Colombiens) obtenons des informations précises sur les coordonnées, les conversations et l'identification des réseaux de soutien qui déstabilisent les FARC qui ne savent comment s'échapper et n'y parviendront pas», a affirmé ce haut responsable.

Le bombardement d'un camp FARC installé sur le territoire équatorien dans lequel Raul Reyes a trouvé la mort le 1er mars et qui fut suivi d'une crise diplomatique sans précédent dans la région, a relancé les interrogations sur le rôle des conseillers américains en Colombie et en Equateur.

Bombes intelligentes

Compte tenu de la précision de l'attaque menée contre le campement de Reyes, les autorités équatoriennes et les FARC affirment que l'aviation colombienne a eu recours à des armes «intelligentes», semblables à celles utilisées en Irak par les Etats-Unis et que seule possède l'aviation américaine.

Selon le journal équatorien «El Comercio», l'aviation équatorienne a établi après enquête que les dix bombes GBU 12 Paveway II de 500 livres, utilisées lors du bombardement, «ne peuvent être transportées par les avions dont dispose actuellement l'aviation colombienne».

Les autorités équatoriennes s'interrogent également sur la mission d'un avion américain Hercule-130 qui, selon elles, a décollé de la base américaine de Manta (230 km au sud-ouest de Quito) quelques heures avant le bombardement du campement des rebelles.

Renseignements

Selon l'agence ANNCOL (proche de la guérilla), les pilotes américains ont lancé l'attaque aérienne contre le campement de Reyes en ayant recours à des bombes intelligentes (smart bombs) puis, «une fois atteint l'objectif, ils ont dit aux Colombiens: allez cherchez vous-mêmes les corps !».

En revanche, le gouvernement du président Alvaro Uribe soutient que l'aviation colombienne a eu recours à dix bombes conventionnelles lancées depuis la Colombie par 5 avions Super Tucano et 3 A-37 grâce à un système de guidage par GPS.

«Nous n'utilisons pas les bombes intelligentes des Etats-Unis, nous utilisons une partie des renseignements que nous communique ce pays pour améliorer notre propre arsenal qui grâce aux accords de coopération est très sophistiqué», explique le haut fonctionnaire colombien du ministère de la Défense.

«La participation américaine, ajoute-t-il, se limite à la communication directe d'informations clefs au chef de la police colombienne, dont le directeur (ndlr: le général Oscar Naranjo) jouit de la confiance totale de Washington».

Appui financier

Selon un commandant de l'aviation colombienne «les avions Super Tucano disposent d'un système avancé de vision nocturne, d'une technologie de vision thermique ainsi que d'un système satellitaire de guidage des bombes mis au point par les Israéliens».

Les Etats-Unis considèrent le président Uribe comme leur meilleur allié en Amérique du sud et ont versé depuis 2000 à la Colombie plus de 4 milliards de dollars pour combattre le trafic de drogue et les guérillas.

En octobre 2004, le Congrès américain a doublé le nombre de militaires américains stationnés en Colombie, soit 800 soldats, et passé de 400 à 600 les personnels civils employés par le Département d'Etat.

(ats)

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