Forcené de Bienne: La police a bien utilisé une mauvaise photo
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Forcené de BienneLa police a bien utilisé une mauvaise photo

La police s'est bel et bien fourvoyée avec une photo de Peter K. La première image qu'elle a diffusée était celle du père du fugitif.

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gco/tde/ap

Le doute et la confusion ont plané sur une photo utilisée par la police bernoise pour retrouver Peter K.

La parente du forcené habitant l'étranger a été interrogée personnellement mercredi à son domicile, et a confirmé qu'il ne s'agissait pas de Peter K. sur la photo, mais de son père. En fin d'après-midi, Florie Marion, porte-parole de la police bernoise, a avoué à «20 minutes» que la première image diffusée n'était pas la bonne. «Après des recherches approfondies, il se trouve que c'était bien le père de Peter K.», a-t-elle précisé. Elle rajoute qu'il est encore trop tôt pour dire si des sanctions seront prises.

En début de semaine, lorsque la police publie un cliché plus ou moins récent de Peter K., la différence avec la photo présentée aux médias quelques jours plus tôt est frappante. Les forces de l'ordre se refusent pourtant à commenter la différence d'apparence entre les deux photos. Ce matin, le «Blick» affirmait que la photo présentée à la presse, et sur laquelle la police a travaillé durant les premiers jours, montre en fait le père du forcené!

Comment est-ce possible? Selon le quotidien alémanique, la photo provient de la sœur de Peter K., qui vit en France et qui l'a transmise aux autorités de son village. Sur la photo d'origine, on peut voir Peter K. avec ses parents. Un employé a alors découpé la photo et envoyé, par mégarde, la photo du père à la police bernoise. La photo montrée aux médias et censée représenter Peter K., serait donc celle de son père, décédé depuis 10 ans.

La police cantonale bernoise, de son côté, a tout d'abord démenti avoir publié par erreur une photographie du père du retraité. «Nous avons eu une photo des années 80 qui a été retravaillée. Elle a été montrée aux proches du sexagénaire qui ont confirmé la ressemblance. Selon les informations en possession de la police, il s'agissait bien de l'intéressé sur cette photo», expliquait dans l'après-midi à AP Florie Marion, porte-parole. Avant de finalement confirmer à «20 minutes» que la police s'est bel et bien trompée.

Traque dans le Jura bernois

La police cantonale bernoise a mené mercredi à l'aube une opération de recherches de grande ampleur dans le Jura bernois pour tenter de retrouver le forcené de Bienne. Deux personnes qui connaissaient le fugitif ont été interpellées avant d'être remises en liberté.

Deux maisons connues du fuyard ont également été fouillées au cours de cette opération dans la région de Plagne, au-dessus de la ville de Bienne, annonce mercredi la police cantonale. Du matériel a été saisi.

Liste noire

Pour le reste, la police se montre avare en informations. Elle n'a ainsi voulu ni confirmer ni démentir l'information du «Journal du Jura» selon laquelle une «liste noire» avec les noms d'une dizaine de personnalités politiques biennoises et de fonctionnaires aurait été trouvée dans la maison du fugitif.

Dans les faits, plusieurs personnalités, dont le préfet suppléant de Bienne-Nidau Philippe Garbani, bénéficient sur recommandation de la police de mesures de protection. M. Garbani avait confié samedi à l'ATS ne plus dormir chez lui et «d'autres non plus».

Inconnu à Bienne

L'homme le plus recherché de Suisse avait réussi à vivre à Bienne pendant des années sans jamais s'être annoncé auprès du service de la population. C'est en 1963 qu'il quitte la ville pour y revenir le 20 janvier 1976. Le 29, il annonce son départ. «Et depuis cette date, il n'a plus jamais déposé ses papiers à Bienne», a expliqué à l'ATS André Glauser, délégué à la sécurité de la ville.

Les autorités communales ignorent si durant ces années, cet homme a déposé ses papiers dans une autre commune. En 2006, on retrouve sa trace à Bienne. Constatant qu'il habite sa maison dans le quartier des Tilleuls sans s'être annoncé auprès du contrôle des habitants, la police municipale tente d'entrer en contact avec lui. En vain.

Elle lui adresse alors une amende mais l'homme fera recours contre cette décision, précise André Glauser. Et le dossier passe en mains de la justice. «Depuis, nous n'avons plus eu d'informations sur ce cas», a ajouté le délégué à la sécurité. C'est en 2007 que le retraité enverra ses premiers courriers à la préfecture.

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