Manifestation à Berne: La police a été frappée à coups de barres de fer
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Manifestation à BerneLa police a été frappée à coups de barres de fer

Nationalistes turcs et militants kurdes se sont affrontés samedi à Berne. La Suisse est encore sous le choc après ces violences.

par
Pascal Schmuck
Zurich

Les affrontements samedi à Berne entre nationalistes turcs et militants kurdes ont laissé des traces. Mais c'est surtout le niveau de violence qui a marqué les esprits, certains parlant de «guerre civile».

«L'intervention a été très difficile pour les forces de police qui ont cherché à identifier et à séparer les deux groupes», a expliqué dans le Tages-Anzeiger Manuel Willi, chef de la police bernoise. Tâche presque impossible tant les deux groupes cherchaient la confrontation. «Nos policiers se sont fait frapper sur la tête avec des barres de fer et ils ne doivent qu'à leur équipement de ne pas avoir été plus sérieusement blessés.»

De nombreuses enquêtes en cours

La manifestation, mise sur pied par l'«Union des démocrates turcs européens» (UETD), a dégénéré après que des sympathisants kurdes se sont rassemblés pour en empêcher le déroulement. Manuel Willi rejette également les accusations de forces de l'ordre débordées. «Nous ne pouvions et ne voulions pas boucler la ville. La Suisse n'est heureusement pas un état policier»

Quant à la voiture qui a foncé dans un groupe de manifestants kurdes, son conducteur a été interrogé par la police mais remis en liberté sans charge. Une vidéo filmée à cette occasion ne suffit pas pour une inculpation, ajoute le chef de la police. D'autres enquêtes sont en revanche en cours.

Des menaces de mort

Le conducteur, un Turc de 49 ans, a agi ainsi pour sauver sa vie, a expliqué dans le Blick sa cousine qui était également dans le véhicule. Avec une autre voiture, ils sont tombés en plein milieu de groupes de Kurdes qui préparaient une contre-manifestation. Ceux-ci ont attaqué les véhicules dont l'un deux arborait un autocollant des «Loups Gris», un groupe turc d'extrême-droite hypernationaliste.

Le conducteur a été arraché de son siège avant d'être bastonné. Le cousin, qui voulait lui porter secours, a subit le même sort. C'est en essayant d'échapper aux agresseurs que les voitures ont été filmées en train de foncer dans les groupes. La famille a reçu de nombreuses menaces de mort après cet incident.

Recours aux armes

Le niveau de violence n'a pas surpris les contre-manifestants. «Nous étions sûrs à 100% que cela allait arriver mais une telle escalade n'a jamais été prévue», explique dans 20 Minuten un membre des Jeunes Kurdes de Suisse. «Nous devons nous battre pour notre liberté, même ici en Suisse», ajoute-t-il.

Le jeune Kurde reconnaît que tout le monde a été dépassé mais prévient que les événements de Berne ne resteront pas une exception. «Tout va devenir plus gros», et il n'exclut plus le recours aux armes. «La situation est tellement tendue qu'un Kurde ne peut plus se balader seul dans la rue.» Et si la situation continue comme ça en Turquie, elle se répercutera en Suisse, poursuit le jeune Kurde.

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