Manif anti-OMC: La police a été privée de contrôles
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Manif anti-OMCLa police a été privée de contrôles

Les policiers n'ont pas eu accès aux données sur les manifestants logés dans les abris PC.

par
Valérie Duby / dti

Toute personne séjournant dans un hôtel doit remplir un bulletin comportant nom, adresse et numéro de passeport. Il devait en être de même pour les manifestants anti-OMC logés dans des abris PC. Or, samedi matin, jour de la manifestation, les policiers ont essuyé un refus lorsqu'ils ont voulu relever les documents.

«C'est quasiment de l'entrave à l'action pénale», lâche l'un d'eux, rappelant que ce genre de formulaire permet de savoir si une personne est recherchée. L'affaire est remontée à la hiérarchie de la police puis au conseiller d'Etat Laurent Moutinot. Et en est restée là...

Le magistrat socialiste confirme qu'il n'a pas donné son accord: «Ce genre de travail usuel n'a pas besoin de mon aval. J'avais le sentiment que ce type de renseignements pouvaient servir à d'autres services de police, suisses ou étrangers.» Les 200 Black Blocks présents à Genève samedi n'ont sans doute pas dormi dans les abris PC...

Restent des questions. Les directives sur les bulletins d'hôtels ont été rappelées aux organisateurs et aux officiels avant la manif. Dans un courrier d'avril 2007, Laurent Moutinot avait expliqué aux communes genevoises que les personnes logeant dans des abris «hors sinistre», par exemple des équipes de foot, devaient remplir de telles formalités! La conférence de l'OMC, qui s'est terminée mercredi, a laissé une ardoise de plusieurs centaines de milliers de francs à la charge de l'Etat.

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