La Police Academy fait son cinéma
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La Police Academy fait son cinéma

Supermarché, banque, discothèque ou appartement fictifs: on se croirait dans un studio de cinéma.

En réalité, il s'agit de l'Académie de police, sur la place d'armes de Saint-Maurice (VS). Ici, on forme les apprentis policiers vaudois et valaisans, avec des méthodes

inédites en Suisse: des décors de la vie quotidienne afin de mettre les élèves en situation réelle. Hier, Samuel Schmid a visité le site et milité pour une seule école de police en Romandie. Le conseiller fédéral regrette que Genève et les autres cantons fassent bande à part.

«Quai des Orfèvres» en pleine montagne. C'est le nom donné aux anciennes casernes militaires de Savatan, transformées en lieu de formation pour l'Académie de police du Chablais. Les dortoirs ont fait place à des décors fixes, dignes de studios de cinéma. Un tribunal, un commissariat, un appartement truffé de caméras et même une discothèque servent à simuler une perquisition ou encore une scène de violence conjugale. Sur la piste de danse de «L'Ange-Bleu», des élèves aux allures de cosmonautes recherchent des traces de sang à l'aide de luminol.

Plus loin, l'agitation règne dans un magasin «Migros»: un voleur est pris en flagrant délit entre le rayon chocolats et le rayon lessives. Et, pour accentuer la réalité, la police fait parfois appel à des comédiens. «Auparavant, des collègues prêtaient leurs appartements pour reconstituer un cambriolage. Les cours étaient beaucoup plus théoriques. Nous avions des personnes moins formées sur le terrain», explique Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale vaudoise.

Ces jeux de rôles in situ font aussi rêver les banques. Un cours anti-hold-up se prépare. Et même le cinéma s'intéresse à ces décors! Le prix à payer pour être au plus près de la réalité s'élève à 98 000 fr. Une somme investie dans la création d'une douzaine de salles, en partie sponsorisées par des entreprises.

Sophie Roselli

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