Genève – La police annonce une grève, Mauro Poggia se fache 
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GenèveLa police annonce une grève, Mauro Poggia se fâche

Les forces de l’ordre ont déposé un préavis de grève pour jeudi 25 novembre. Le conseiller d’Etat juge ce mouvement illégal.

par
Jérôme Faas
La dernière fois que les syndicats de police avaient menacé de faire grève, c’était en 2017.

La dernière fois que les syndicats de police avaient menacé de faire grève, c’était en 2017.

20 Minutes / jef

Les syndicats de police UPCP (gendarmerie et gardiens de prison) et SPJ (police judiciaire) ont déposé un préavis de grève, reconductible, pour le jeudi 25 novembre. L’information a été révélée par «GHI». Cette fronde intervient alors que se profile la douzième conférence ministérielle de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), qui se tiendra à Genève du 30 novembre au 3 décembre. Il apparaît que c’est précisément en raison des horaires de travail exigés par ce sommet que les forces de l’ordre sont en colère.

Les horaires critiqués

L’UPCP n’a pas répondu à nos sollicitations, et n’a donc pas détaillé ses revendications. Le conseiller d’Etat Mauro Poggia, chef du Département de la sécurité, s’est pour sa part montré plus disert. Il indique que les syndicats ont invoqué, entre autres griefs, «un prétendu manque de considération de la hiérarchie pour les troupes», qui se serait manifesté par «la fixation d’horaires de travail irrespectueux et excessifs» durant le sommet de l’OMC, et qui auraient été établis «sans concertation».

«Faire notre maximum» pendant le sommet de l’OMC

Le préavis de grève a été envoyé au Conseil d’Etat jeudi passé. La démarche a fortement déplu à Mauro Poggia, qui dit ne pas avoir été directement averti par la police. «En général, les syndicats m’écrivent. Là, il s’agit d’une attaque qui me semble être une réaction épidermique. Je la trouve maladroite et peu loyale.» L’élu explique qu’il va en discuter avec les syndicats «dans les prochaines vingt-quatre heures. J’espère qu’ils vont faire marche arrière. Une grève durant le sommet serait de nature à rompre durablement nos relations de confiance. Je vais leur proposer de discuter des points de désaccord après l’OMC. Pour des événements comme cela, on peut difficilement, à Genève, ne pas faire notre maximum.»

La grève «est illégale»

Mauro Poggia considère par ailleurs que la grève annoncée «est illégale», en ce sens qu’un préavis ne peut normalement être déposé qu’après qu’un dialogue eut été amorcé puis eut échoué. Là, à en croire le ministre, aucune négociation préalable n’a eu lieu, même s’il a «correspondu» avec les syndicats. «Toute personne qui ferait grève serait donc passible de sanctions. On va essayer d’éviter ça. Je pense que la raison va prévaloir.»

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