Actualisé 19.02.2011 à 13:55

Révoltes en AlgérieLa police cerne les manifestants

Des policiers algériens ont encerclé samedi environ un millier de protestataires qui tentaient de prendre part à une manifestation s'inspirant des mouvements de révolte qui secouent le monde arabe.

Un important dispositif policier était déployé samedi Place du 1er-Mai dans le centre d'Alger, pour tenter d'empêcher les manifestants de se rassembler pour une nouvelle «marche pacifique» à l'appel de la Coordination nationale pour le changement démocratique (CNCD).

Des unités de policiers anti-émeutes, équipés de matraques et de boucliers, ont interpellé des manifestants qui tentaient de faire un sit-in, a-t-on constaté sur place. Les policiers sont intervenus pour fractionner et disperser les manifestants, au nombre de plusieurs centaines, les empêchant ainsi de défiler. Un député de l'opposition, Tahar Besbas du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a été frappé à la tête à coups de matraque et hospitalisé. On ignorait la gravité de ses blessures.

Comme la semaine dernière, Me Ali Yahia Abdenour, président d'honneur de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme, comptait parmi les manifestants. «Nous voulons la démocratie, la souveraineté du peuple», soulignait le vieil homme. Un autre manifestant, Khalifa Lahouazi, un étudiant de 23 ans de Tizi-Ouzou (100km à l'est d'Alger), est venu défendre ses «droits légitimes».

«Vie insupportable»

La vie est «insupportable dans ce système», expliquait le jeune homme. Les Algériens, a-t-il ajouté, ne réclament pas seulement le départ du président Abdelaziz Bouteflika, mais aussi la fin de tout le régime.

La CNCD, composée de partis politiques, d'organisations de défense des droits de l'homme, de cyber-militants, de collectifs de jeunes chômeurs, est née le 21 janvier, à la suite des émeutes de cinq jours qui avaient ébranlé l'Algérie début janvier. Elle revendique le changement du système politique en Algérie.

Interdiction de manifester

Le 12 février, plusieurs milliers de personnes avaient défié la police et bravé l'interdiction de manifester à Alger, se rassemblant place du 1er-Mai pour réclamer démocratie et de liberté.

Mais une véritable armada policière de quelque 25.000 hommes, déployés dès le petit matin à Alger et sa périphérie, avait empêché les manifestants de marcher en direction de la place des Martyrs, sur un parcours de cinq kilomètres. Les protestataires, 10.000 selon les organisateurs, 1.500 selon des sources policières, avaient été cantonnés à la place du 1er-Mai, point de rendez-vous d'où devait s'ébranler la marche. (ap)

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