Actualisé 04.08.2009 à 11:40

AustralieLa police déjoue une attaque terroriste

La police australienne a arrêté mardi quatre terroristes présumés soupçonnés de planifier une attaque suicide contre une base militaire près de Sydney qui aurait constitué le pire attentat contre le pays.

Ces hommes seraient liés avec un groupe islamiste somalien.

Les quatre suspects ont été interpellés lors de perquisitions menées dans 19 propriétés de Melbourne, dans le sud du pays. Quelque 400 policiers ont participé à l'opération qui a conduit à leur arrestation. Selon la police australienne, les suspects sont liés au groupe islamiste somalien des shebabs.

Les suspects, tous âgés de 22 à 26 ans, sont des citoyens australiens d'origine somalienne ou libanaise, a indiqué mardi un représentant de la police fédérale australienne. Ils sont accusés d'avoir projeté d'attaquer une caserne à l'arme automatique.

Ils visaient la caserne de Holsworthy à Sydney et avaient procédé à la surveillance d'autres bases militaires. Des membres du groupe s'étaient auparavant rendus en Somalie.

Un des suspects a déjà été inculpé de conspiration en vue de préparer une action terroriste. Il a refusé de plaider coupable et n'a pas demandé de mise en liberté provisoire. Il a été incarcéré et sera à nouveau convoqué devant la justice le 26 octobre. Les trois autres étaient toujours interrogés par la police.

Un cinquième homme, déjà détenu pour d'autres raisons, était également interrogé. La police n'a pas exclu de procéder à d'autres arrestations en lien avec cette affaire.

Tuer le plus de personnes possible

Le commissaire Tony Negus, commissaire en chef de la police fédérale australienne, a expliqué que les quatre suspects préparaient une attaque suicide: «Leur intention était de pénétrer dans les casernes militaires et de tuer autant de soldats qu'ils le pourraient jusqu'à ce qu'eux-mêmes soient abattus».

M. Negus a souligné que si leur plan avait eu lieu, «cela aurait été l'attaque la plus grave sur le sol australien».

Des responsables ont déclaré que le niveau d'alerte terroriste demeurait inchangé mais le Premier ministre Kevin Rudd a souligné que ces arrestations témoignaient de la persistance de la menace, et qu'elles étaient «un rappel pour tous les Australiens que la menace terroriste est bien réelle». Il a toutefois exclu tout retrait des 1550 soldats australiens déployés en Afghanistan.

Surveillés depuis janvier

Le groupe islamiste des shebabs, auquel le réseau démantelé en Australie est lié, a lancé en mai une offensive pour renverser le gouvernement de transition de Mogadiscio.

»Les membres du groupe étaient à la recherche d'une fatwa ou d'un texte religieux justifiant une attaque terroriste contre l'Australie», a expliqué Tony Negus. Une équipe de 150 policiers enquêtait sur le projet d'attaque-suicice depuis janvier dans le cadre d'une «vaste opération de surveillance physique et électronique».

Retrait d'Irak et d'Afghanistan demandé

En février 2009, un religieux musulman d'origine algérienne et six autres personnes avait déjà été condamnés pour avoir participé à un réseau qui préparait des attaques terroristes en Australie.

Douze hommes avaient auaparavant été arrêtés en novembre 2005 pour avoir programmé des attaques contre des matches de football ou une gare dans l'intention de tuer près d'un millier de personnes. Les attaques prévues visaient à obtenir de l'Australie le retrait de ses troupes en Irak et en Afghanistan.

L'Australie, également engagée dans la guerre en Irak, n'a jamais été frappée par des attaques terroristes sur son territoire. Mais le pays a payé un lourd tribut en 2002 lors des attentats de Bali où 92 ressortissants australiens avaient péri. Trois Australiens ont également été tués lors du double attentat suicide perpétré le 17 juillet contre deux hôtels de luxe de Djakarta. (ats)

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