Genève: La police enfonce la porte du mauvais logement
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GenèveLa police enfonce la porte du mauvais logement

Les stups se trompent d'adresse et pénètrent chez un étudiant lambda. Ils réalisent leur erreur et débusquent les vrais trafiquants peu après.

par
Jérôme Faas
La porte montrée par Rui, après qu'elle a été enfoncée au bélier. Un serrurier appelé par la police l'a sommairement réparée.

La porte montrée par Rui, après qu'elle a été enfoncée au bélier. Un serrurier appelé par la police l'a sommairement réparée.

«On n'est pas à Ciudad Juárez non plus!» Rui (prénom d'emprunt) est en colère. Lorsque cet étudiant latino est arrivé chez lui vendredi à 17 h, il a découvert sa sœur en pleurs sur le palier, sa porte enfoncée au bélier et une dizaine d'agents dans son logement du quartier de la Servette. «Ils m'ont confisqué mon natel. Un gars menotté était assis sur mon lit.»

L'Etat paiera les réparations

Très vite, les forces de l'ordre comprennent qu'elles sont au mauvais endroit. Une réparation sommaire est effectuée par un serrurier. L'Etat paiera tous les frais. Rui, qui affirme avoir été bien traité, reste néanmoins interloqué.

«Ils n'ont ni frappé ni sonné, alors que ma sœur était dedans! Un chien fouillait les pièces. Ils n'ont pas donné d'explication, se sont à peine présentés. Est-ce normal que la police pénètre chez les gens sans s'être renseignée avant? Ma mère, qui vit avec nous, ne se sent pas bien. Elle ne sait pas si le dealer qu'ils ont amené est dangereux, s'il va revenir.»

Cocaïne et argent saisis ailleurs

L'erreur de lieu, la police l'admet sans fard. «Mes collègues se sont tout de suite excusés», assure le porte-parole Silvain Guillaume-Gentil. Il dément en revanche toute légèreté. «La preuve, c'est que le bon appartement, dans une allée à proximité et au même étage, a été investi par la suite.» Avec succès: trois trafiquants arrêtés, des centaines de grammes de cocaïne et des milliers de francs saisis.

«Il est clair qu'on ne va pas sonner»

Les stups intervenaient au terme d'une enquête portant sur un «gros trafic». Dans ce cas-là, «il est clair qu'on ne va pas sonner. Et ouvrir une porte de cette manière requiert une autorisation, que nous avions.» Le porte-parole précise en outre que cette affaire n'a rien à voir avec celle du jeune dealer sur lequel la police a tiré le 15 avril, après avoir, aussi, usé du bélier.

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