Forcené de Bienne en fuite: «La police est tournée en ridicule!»
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Forcené de Bienne en fuite«La police est tournée en ridicule!»

Dans le quartier du forcené, la population ne comprend pas comment ce retraité a pu échapper au dispositif policier autour de sa maison.

par
Grégoire Corthay
Bienne

Notre envoyé spécial a recueilli les réactions du voisinage.

Pierre*, un homme dont la fille Anne* habite près du forcené et a dû être évacuée:

«Je ne veux pas le juger mais cet homme devait être au bout du rouleau et a pété les plombs. Forcé à vendre sa maison à laquelle il était sentimentalement attachée, il a voulu attirer l'attention sur lui. Et on peut dire qu'il a réussi son coup! La procédure de vente de sa maison va être retardée. Reste à savoir si cela en valait la peine. S'il ne se tue pas ou qu'il n'est pas abattu par la police, il va finir en hôpital psychiatrique. Cet homme qui ne veut pas se séparer de sa maison est en détresse et a un évident besoin d'être soigner» relève Pierre.

«Comme simple citoyen, je suis surtout abasourdi par le déploiement de forces de l'ordre. On a vu débarquer des dizaines de pompiers de Bienne, de policiers du canton de Berne, des unités d'élites de la police zurichoise, des chiens en quête d'explosifs, une brigade de déminage… Ils sont postés partout autour du quartier! Cela me semble disproportionné. Jusqu'à preuve du contraire, on n'a pas affaire à une cellule d'Al-Qaïda mais à un simple retraité qui a pété un plomb le jour où des acquéreurs potentiels de sa maison devaient venir la visiter», précise Pierre.

«Ce n'est pas un Rambo mais un sexagénaire en détresse!»

«Ce qui m'étonne aussi c'est que cet homme n'est pas un Rambo de 30 ans, mais un sexagénaire. Il doit avoir un sacré physique pour tenir en haleine les forces déployées (rires). Peut-être, la police a-t-elle aussi tardé parce qu'elle veut à tout prix le capturer vivant... Si on avait voulu l'abattre, cela aurait été fait!

Je ne comprends pas comment ils ont pu le laisser filer! A moins qu'il ait un passé particulier... Je me demande si les autorités ne profitent pas de l'occasion pour tester et valider leur dispositif en cas d'urgence. Je m'interroge aussi sur le coût pour les contribuables d'un tel engagement... Incapable de maîtriser un sexagénaire, la police bernoise a été tournée en ridicule.»

Anne*, une voisine du désaxé:

«La rue Mon Désir est située dans un quartier super tranquille où il ne se passe d'habitude jamais rien! C'est plutôt fréquenté par des personnes âgées. Ce coin de Bienne est considéré comme plutôt chic», explique-t-elle.

«Hier matin, j'ai entendu des détonations. Je ne sais pas si c'était des coups de feu ou des claquement de portes. J'ai ensuite vu des policiers essayer de négocier avec mon voisin qui semblait énervé, de le raisonner. En vain. Plus tard, un policier dans une tenue très impressionnante des forces spéciales a frappé à ma porte. Il ne parlait qu'allemand. Il m'a expliqué qu'un tireur d'élite allait prendre position chez moi! Il s'est installé dans mes toilettes car c'était la seule pièce qui avait une fenêtre donnant directement sur la maison de mon voisin. Vers 15 h, on m'a demandé de quitter mon appartement pour ma sécurité», confie Anne*, qui a été dormir chez son père.

«On espère une issue positive le plus vite possible. Tant que cela dure un moment, c'est rigolo. Mais à force d'attendre, cela devient pénible», souligne la jeune fille.

20 minutes online: Comment était votre voisin?

«On parlait de lui comme d'un ancien ingénieur. C'est un type assez grand et sportif. Dans le quartier on le trouvait bizarre. Il énervait certains parce qu'il n'entretenait pas son jardin. Parfois, on le voyait sortir la nuit avec une lampe torche pour jardiner à la cisaille. Il fait aussi moins que son âge. On sait surtout qu'il était très attaché à sa maison et avait fait savoir qu'il ne voulait jamais la vendre.»

Une petite maison en mauvais état

La maison à laquelle il tient tant est une petite villa mitoyenne avec un garage et un jardin. Construite en 1920 sur un terrain d'un peu plus de 500m2, elle a été estimée, fin août 2008, environ 380'000 francs par un bureau bernois d'ingénieurs. Mais, du fait de son très mauvais état, plus de 250'000 francs de travaux de restauration devaient être rajouté pour la rendre parfaitement habitable. «Cela faisait une maison à environ 700'000 francs. Un prix correct pour une résidence dans un quartier coté de Bienne», note Hans, un habitant du quartier.

*prénoms d'emprunt

«Pas à vendre»

Alors qu'une décision de justice impose la mise aux enchères de la maison, une pancarte arborant l'inscription «pas à vendre» a été accrochée à la façade, a confirmé jeudi la police cantonale.

(ats)

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