02.06.2020 à 17:17

France

La police fait une interpellation façon «George Floyd»

Une arrestation musclée à Paris rappelle la manière dont a été tué George Floyd seulement quelques jours auparavant.

«Il écrase sa tête», crie l’homme qui filme ces images. Un jeune Noir a été immobilisé par des policiers avec un genou sur le cou, le 28 mai dernier dans le nord de la capitale française. La technique rappelle celle ayant entraîné la mort de George Floyd, asphyxié par la police aux États-Unis trois jours auparavant, et dont le décès est devenu un symbole des violences policières envers les Afro-Américains de l’autre côté de l’Atlantique.

Dans ce contexte, les images tournées à Paris sont rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux. «Pas besoin d’aller jusqu’à Minneapolis pour trouver un George Floyd […], nous avons cela ici!» a ainsi écrit un internaute sur Facebook. Dans la vidéo, le jeune homme interpellé, déjà menotté, est plaqué au sol par un agent qui l’immobilise, un genou sur son cou. À la différence de l’Américain, le Parisien n’est pas décédé à la suite de son arrestation.

Les policiers ont dû faire face à une foule hostile

La Préfecture de police de Paris

Contactée par 20minutes.fr, la Préfecture de police de Paris confirme que ces images correspondent à «l’interpellation le 28 mai, vers 21 heures, dans le XXe arrondissement de Paris, d’un individu pour des faits de conduite malgré une annulation de permis de conduire, de conduite sous l’emprise de stupéfiants et d’un état alcoolique, et d’outrage et rébellion». Dans un «contexte difficile», les policiers ont également dû faire face à une «foule hostile», précise l’autorité policière de la capitale.

Une élue locale (La France insoumise, parti de Jean-Luc Mélenchon) livre une version différente des événements, après être allée sur le terrain recueillir les témoignages des habitants du quartier. «La personne à terre avait fait auparavant l’objet d’un contrôle d’identité dont on ignore le motif alors qu’elle était dans une voiture, explique Danielle Simonet sur Twitter. À peine sortie du véhicule, elle aurait été victime d’une balayette d’un agent de police…» La conseillère de Paris dit à 20minutes.fr avoir «contacté la Ligue des droits de l'homme, qui peut saisir le défenseur des droits».

(cga)

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