Contrôles douaniers dans les trains: La police fribourgeoise dénonce un problème
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Contrôles douaniers dans les trainsLa police fribourgeoise dénonce un problème

Les passagers d'un Intercity ont été surpris d'être contrôlés par des gardes-frontière entre Berne et Fribourg la semaine dernière.

Introduite en décembre avec l'entrée en vigueur de l'accord de Schengen, cette nouvelle activité des garde- frontière devrait reposer sur des accords avec les cantons.

Il s'agit en effet d'éviter les doublons avec les polices cantonale ou ferroviaire. Ces accords avec les cantons «contrôlent nos compétences et notre champ d'action», déclare samedi Thomas Schrämli, chef de la communication du commandement du Corps des gardes-frontière dans une interview à La Liberté.

«Ce genre de contrôles mobiles d'identité sur les lignes CFF fait désormais partie de nos prérogatives», précise-t-il. On peut dire que la frontière est partout désormais en Suisse. «Nous pouvons également installer des barrages douaniers aux sorties des autoroutes», ajoute le porte-parole.

Et de préciser que les policiers luttent contre la criminalité alors que les gardes-frontière contrôlent les marchandises et les documents d'identité. «Nous avons signé un contrat avec chaque police cantonale», ajoute M. Schrämli.

Lacune

Apparemment pas, à en croire le commandant de la police cantonale fribourgeoise Pierre Nidegger. «Le canton de Fribourg n'a pas encore signé de convention avec le Corps des gardes-frontière. Cette dernière fixera les limites pour les contrôles douaniers», indique-t-il à «La Liberté».

«Ce n'est pas normal que des citoyens fribourgeois soient contrôlés par des douaniers entre Berne et Fribourg. Aujourd'hui, les gardes-frontière ne peuvent contrôler que les trains internationaux sur le territoire fribourgeois. Ils n'ont pas le droit non plus d'opérer sur le quai de la gare, ni sur les routes cantonales», relève le commandant de la police.

Quant aux contrôles sur les autoroutes, les gardes-frontière ne pourront les effectuer là aussi que quand la convention sera signée. «Mais avant, nous allons leur expliquer que nous ne voulons pas qu'ils interviennent dans l'Intercity entre Berne et Fribourg». Et dans tous les cas, ils devront informer la population de leurs nouvelles prérogatives, suggère le chef de la police.

Délit de faciès

Cités dans La Liberté, plusieurs témoins de l'intervention dans le train notent que ceux-ci n'ont contrôlé que des passagers de couleur. «Je suis étonné par ce que vous me dites», répond le chef de la communication du commandement du Corps des gardes-frontière. «Généralement, lors de nos contrôles, nous nous intéressons à tout le monde». (ats)

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