Première en Suisse romande: La police genevoise a reçu trois pistolets Taser
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Première en Suisse romandeLa police genevoise a reçu trois pistolets Taser

Le Canton joue les pionniers romands en se dotant de l'arme à impulsion électrique. Des restrictions limitent toutefois son utilisation.

par
Shahïn Ammane

Trois pistolets Taser X26 font désormais partie de l'arsenal policier genevois. A 2150 fr. l'unité, cette «arme de neutralisation momentanée» vient ainsi étoffer les «moyens de contrainte» de la gendarmerie. Seul le groupe d'intervention de cette dernière, composé de 16 agents formés, peut s'en servir.

«Les interventions sont ciblées et limitées», a toutefois averti mardi Benoît Kuchler, lors de la conférence de presse annuelle de la police. Le chef criminaliste a énuméré quatre situations qui pourraient justifier son usage. Les 50 000 volts de décharge sont ainsi réservés aux forcenés, aux suicidaires, aux individus pris de démence et aux détenus en milieu carcéral lors de situations de crise. «Nous avons tenu compte des remarques d'Amnesty International et des études menées par l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) lorsque nous avons introduit ce pistolet», a souligné la cheffe de la police, Monica Bonfanti. Aucune utilisation du Taser ne sera tolérée lors d'expulsions d'immigrés. La tête et les parties génitales ne doivent pas être atteintes par les fléchettes électriques. Enfin, une minicaméra placée dans la crosse de l'arme enregistrera toutes les interventions à des fins de traçabilité.

Berne, Bâle, Zurich et Lucerne ont déjà introduit le Taser. Le Canton de Vaud y songe également (lire ci-dessous). «La police genevoise en fera l'un des usages les plus restrictifs de Suisse, a assuré Monica Bonfanti. Les autres corps de police romands pourront bénéficier de notre expérience.» La première flic du canton a par ailleurs promis de tester personnellement les effets de l'arme.

Une arme controversée

Le Taser propulse deux fléchettes reliées à un fil d’environ 10 m. Au contact de sa cible, le pistolet libère une onde de choc de 50 000 volts. S’ensuit un blocage du système nerveux central et une paralysie qui engendrent hébétement et vertiges. Un rapport d’Amnesty International recense plus de 330 personnes mortes aux Etats-Unis et au Canada depuis 2001 après avoir été électrocutées par un Taser. Le Comité de l’ONU contre la torture a estimé, en novembre 2007, que l’utilisation du Taser constitue «une forme de torture» et «peut même provoquer la mort». 2200 commissariats en sont équipés dans le monde.

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