Actualisé 23.08.2008 à 14:13

Accident d'avion à Madrid

La police interroge le mécanicien du vol Spanair JK5022

Le mécanicien qui avait donné le feu vert au décollage de l'avion de la Spanair qui s'est écrasé mercredi à l'aéroport de Madrid a été entendu par les enquêteurs. Des rescapés témoignent.

Selon la Spanair, le mécanicien avait dû gérer un problème sur un capteur de température qui a contraint le pilote à reporter une première tentative de décollage. Environ une heure plus tard, lorsque le MD-82 a enfin décollé, il s'est écrasé en bout de piste. La catastrophe a fait 153 morts sur 172 personnes présentes à bord.

Citant des sources proches de l'enquête, le quotidien espagnol «El País» a rapporté que le mécanicien avait été entendu à deux reprises vendredi, d'abord par la police, puis par le bureau d'enquêtes accident. Il a expliqué que la défaillance du capteur était un problème mineur n'ayant rien à voir avec l'accident. Interrogé par l'Associated Press, un responsable de la compagnie a dit ignorer le contenu de son témoignage. Il a répété que ce problème n'avait pas causé le crash.

La Spanair a souligné vendredi que le problème avait été réglé en désactivant le capteur ayant détecté la surchauffe. Cette jauge ne figurait pas sur la liste minimum des équipements dont le fonctionnement est obligatoire. Le directeur de l'aviation civile espagnole Manuel Batista a toutefois estimé que ce problème devra être examiné avec attention dans le cadre de l'enquête.

Les 19 survivants de l'accident étaient toujours hospitalisés samedi, deux d'entre eux dans un état critique. Une femme de 31 ans a été brûlée sur 72% du corps. Son mari est mort dans le crash, mais son fils âgé de six ans a survécu. Seuls 50 cadavres ont pour l'instant été identifiés. Certaines victimes ont été carbonisées et les experts scientifiques vont devoir utiliser l'ADN pour les identifier.

Les familles des victimes ont été reçues vendredi soir par des représentants de la compagnie et se sont plaintes de ne pas réussir à obtenir des informations sur les causes possibles de l'accident. Certaines ont raconté avoir reçu des SMS de leurs proches expliquant qu'ils avaient tenté de sortir de l'appareil au moment du problème technique, mais qu'ils n'y avaient pas été autorisés. La Spanair s'est refusée à tout commentaire sur ces accusations.

Une rescapée interrogée par téléphone à l'hôpital samedi a affirmé à l'Associated Press que l'avion avait eu du mal à gagner de l'altitude et que l'une des ailes avait fortement penché avant que l'appareil ne tombe.

Ligia Palomino Riveros, 42 ans, espagnole d'origine colombienne, a déclaré qu'un incident technique avait causé l'avortement de la première tentative de décollage et qu'en voyant deux cars approcher, elle avait cru que les passagers allaient être transférés vers un autre appareil.

Elle n'a rien entendu qui suggère une explosion mais a trouvé que l'avion «avançait très lentement» à la deuxième tentative de départ. Il a finalement décollé, «mais à ce moment-là il a viré, comme si l'aide avait brutalement basculé», a-t-elle dit. «Nous étions encore très bas, très près du sol.» L'appareil a pris de l'altitude et commencé à «osciller d'un côté et de l'autre», selon Mme Riveros, elle-même employée dans un service médical d'urgence, qui ensuite ne se souvient plus de rien avant l'accident. Elle a une jambe et une côte cassées, son époux José Flores a survécu mais pas sa belle-soeur. (ap)

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