Actualisé 01.09.2015 à 09:58

Turquie

La police perquisitionne un groupe de presse

Une importante opération de police a eu lieu à Ankara dans des locaux appartenant au groupe de médias Ipek, critique envers le régime islamo-conservateur au pouvoir.

Recep Tayyip Erdogan est accusé de «museler» les médias critiques.

Recep Tayyip Erdogan est accusé de «museler» les médias critiques.

La police turque effectuait ce mardi 1er septembre une vaste descente à Ankara dans les locaux appartenant au groupe de médias Ipek, critique du régime islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan, et proche de son ennemi juré, le prédicateur Fethullah Gülen, ont rapporté les médias turcs.

De nombreux policiers ont fait irruption dans les différents bureaux de ce groupe de presse qui dispose de plusieurs journaux et de deux chaînes de télévision, procédant à des recherches, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Cette opération qui vise 23 entreprises du holding Koza Ipek «s'inscrit dans le cadre de l'enquête pour terrorisme visant Fethullah Gülen», a indiqué pour sa part l'agence progouvernementale Anatolie.

Cette agence a affirmé que le PDG de ce groupe, Akin Ipek, se trouvait à l'étranger.

Période d'instabilité

Il y a quelques jours encore, Fuat Avni, un compte Twitter qui publie des informations explosives sur l'entourage de Recep Tayyip Erdogan avait fait état d'une opération répressive imminente de la police contre les médias d'opposition, alors que la Turquie traverse une période d'instabilité politique sur fond de reprise des violences avec les rebelles kurdes.

«Erdogan a ordonné de réduire les médias critiques au silence», avait écrit Fuat Avni.

Selon ce compte Twitter, outre le groupe Ipek, les quotidiens Sözcü et Taraf ainsi que les médias appartenant au grand groupe Dogan sont également sur la liste des médias visés.

Elections anticipées en novembre

Le chef de l'Etat turc accuse le mouvement Hizmet («service» en turc) de Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, d'avoir voulu renverser son régime en montant contre lui l'opération anticorruption lancée à l'hiver 2013-2014 contre sa personne et son entourage politique.

Depuis, Recep Tayyip Erdogan a opéré de nombreuses purges contre les adeptes de Hizmet dans la fonction publique, et plus particulièrement dans la police.

Le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de Recep Tayyip Erdogan a été privé lors des élections législatives de juin de sa majorité gouvernementale, une première depuis 2002.

Faute d'un accord au Parlement en faveur d'une coalition gouvernementale, Recep Tayyip Erdogan a convoqué des élections anticipées pour le 1er novembre. (afp)

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