Actualisé 02.12.2018 à 14:35

IsraëlLa police recommande l'inculpation de Netanyahu

Le chef du gouvernement israélien est accusé de corruption. Il aurait accordé des faveurs gouvernementales.

AFP

La police israélienne a recommandé dimanche des poursuites pour corruption contre Benjamin et Sara Netanyahu. Le premier ministre rejette les conclusions de la police.

Cette troisième affaire de corruption qui pourrait faire chanceler le chef du gouvernement à la tête d'une majorité fragilisée ces dernières semaines. La police dit avoir rassemblé suffisamment de preuves. Elle a déjà recommandé l'inculpation de Benjamin Netanyahu dans deux autres affaires de corruption en février.

Le chef du gouvernement a immédiatement rejeté dimanche les conclusions de la police. «Je suis sûr que dans ce cas les autorités compétentes, après avoir examiné la question, parviendront à la même conclusion: qu'il n'y avait rien parce qu'il n'y a rien», a-t-il répondu dans un communiqué.

Il revient désormais au procureur général de décider d'inculper ou non le Premier ministre et sa femme pour l'acceptation de «pots-de-vin», «fraude» et «abus de confiance». La police recommande aussi l'inculpation de Mme Netanyahu pour «obstruction» à l'enquête.

Contenu critique

Le couple est soupçonné d'avoir tenté de s'assurer une couverture favorable de la part du site d'informations Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, principal groupe de télécommunications israélien, propriétaire de Walla.

Entre 2012 et 2017, le Premier ministre et son entourage sont «intervenus sur le contenu publié par le site d'information 'Walla' et ont cherché à influencer la nomination de personnes» afin de «publier des articles et des photos flatteuses, supprimant le contenu critiquant le Premier ministre et sa famille», a précisé la police dans son communiqué résumant les conclusions de l'enquête.

Lors de leur réunion hebdomadaire, les ministres du Likoud (droite), le parti de Benjamin Netanyahu, ont exprimé leur soutien au chef du gouvernement. «Merci beaucoup mais vous devez prendre cela bien plus sérieusement que je ne le fais», a répondu le Premier ministre au sujet de l'affaire.

Appel à la démission

Dans l'opposition, le chef des travaillistes Avi Gabbay a appelé Benjamin Netanyahu à démissionner. La dirigeante du parti de gauche Meretz, Tamar Zandberg a estimé sur Twitter qu«Israël doit organiser des élections maintenant», le Premier ministre étant accusé du «plus grave délit selon la loi israélienne».

Fragilisé par la démission du ministre de la Défense, le nationaliste Avigdor Lieberman, le 14 novembre et par le retrait de son parti Beiteinou de la coalition, le gouvernement de Benjamin Netanyahu ne dispose plus que d'une majorité d'une voix au Parlement (61 députés sur 120).

Mais M. Netanyahu, en passe de battre le record de longévité d'un premier ministre, il est en poste depuis 2009, jouit d'une solide popularité. Il fait surtout face à une opposition qui ne semble pas en mesure de le battre si des élections étaient organisées aujourd'hui. L'échéance est normalement fixée à novembre 2019, mais depuis des mois flotte un parfum d'élections anticipées. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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