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SécuritéLa police recrute des citoyens étrangers

Des frontaliers occupent des postes d'Assistants de sécurité publique au sein de la police cantonale genevoise. Syndicats suisse et français grincent des dents.

par
dti/tpi

«On nage en plein délire!» Président de l'Union du corps du personnel de police, Christian Antonietti ne mâche pas ses mots au moment d'évoquer l'intégration de travailleurs frontaliers au sein de la police cantonale. Un cas unique au monde, selon lui. En effet, les Assistants de sécurité publique (ASP) sont rattachés à la direction de la police, mais ont un statut de fonctionnaires (voir encadré). Cette subtilité permet aux autorités, en mal d'effectif, d'engager des personnes titulaires d'un permis C ou G.

S'il est difficile de connaître leur nombre exact, trois travailleurs frontaliers ont été formés l'an passé, apprend-on auprès du service de presse de la police cantonale. En outre, deux ASP français actuellement actifs à Genève seraient d'anciens gendarmes. «Je ne suis pas sûr qu'ils se sentent concernés par leur travail, martèle Christian Antonietti. En plus ils ont accès à des données sensibles. Ça reste des légionnaires.»

La différence entre le salaire de base du gendarme français, environ 2160 fr., et celui auquel peut prétendre un ASP, soit 5700 fr., est un argument de poids. «Tant mieux s'ils gagnent mieux en Suisse, mais moi j'ai besoin de policiers en France», s'offusque pour sa part Jean-Paul Borrelly, secrétaire zonal pour le syndicat français Alliance police. Isabel Rochat, cheffe du Département de la police et de la sécurité, était injoignable hier.

ASP: mode d'emploi

Le corps des Assistants de sécurité publique a été crée au début de l’année 2010. Les ASP sont des fonctionnaires et ne possèdent pas le titre de gendarmes. Ils ont principalement un rôle de soutien aux policiers. Ils sont actuellement environ 160 et se divisent en trois groupes aux prérogatives distinctes. Les ASP 1 ont par exemple la charge de l’information au public. Les ASP 2 ont des pouvoirs d’autorité et gèrent les appels d’urgence. Enfin les ASP 3, eux, sont armés, et s’occupent entre autres du convoyage de détenus, du refoulement des étrangers en situation irrégulière ou sont en poste devant les ambassades.

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