Actualisé 13.11.2011 à 11:32

FranceLa police se trompe et attaque une octogénaire

Les hommes du Groupe d'intervention de la police nationale ont pris d'assaut par erreur et à deux reprises en 15 jours l'appartement d'une Marseillaise de 85 ans.

Les policiers d'élite du GIPN étaient à la recherche dans une cité des quartiers nord de Marseille d'un malfaiteur décrit comme dangereux... (dr)

Les policiers d'élite du GIPN étaient à la recherche dans une cité des quartiers nord de Marseille d'un malfaiteur décrit comme dangereux... (dr)

Une femme de 85 ans, résidente d'une cité des quartiers nord de Marseille, a eu la désagréable surprise de voir la porte de son domicile défoncée par erreur à deux reprises en quinze jours par la police, a-t-on appris dimanche de source judiciaire, confirmant une information du quotidien «La Provence».

Les hommes du Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN), qui intervenaient en assistance de la police judiciaire, étaient à la recherche d'un malfaiteur décrit comme dangereux, auteur présumé d'un vol à main armée, commis en octobre dernier, en compagnie de trois complices dans une bijouterie du centre commercial Grand Var, près de Toulon (Var).

Ils débarquent au petit matin

La méprise s'est déroulée dans un premier temps le 25 octobre, à 6h du matin, au bâtiment B de la cité Consolat, à Saint-Antoine, dans le XVe arrondissement de la ville. Après avoir entendu sa porte sauter à l'explosif, l'octogénaire a vu des policiers armés et encagoulés débarquer dans son salon.

Les enquêteurs ont récidivé le 10 novembre dernier en début d'après-midi en défonçant sa porte à coups de bélier. Ils croyaient avoir localisé le malfaiteur qui s'échappait par un balcon. Il s'agissait cette fois encore d'une erreur. L'individu recherché sera finalement interpellé au pied de l'immeuble.

2000 euros de dégâts

Citée par «La Provence», la retraitée, qui vit seule depuis des années, estime à environ 2000 euros le montant des dégâts, décrits comme une porte fracassée, plusieurs cadres brisés et une tapisserie nettement endommagée par des tirs de flash-ball.

De source proche de l'enquête, on reconnaît effectivement «une erreur de porte préjudiciable à la victime», le malfaiteur présumé demeurant dans l'appartement d'à côté. L'octogénaire a dû faire sécuriser sa porte à deux reprises et à ses frais, dans l'attente d'un hypothétique remboursement de son assureur, qui pourra à son tour se retourner contre les forces de police et donc l'Etat.

La victime, extrêmement choquée, a été placée sous tranquillisants. «J'ai trop honte. Maintenant, c'est sûr, les voisins me prennent pour une criminelle», a confié la retraitée à «La Provence», disant ne plus oser sortir de chez elle.

(AP)

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