Actualisé 06.05.2016 à 12:25

GenèveLa police tire la langue et lâche des enquêtes

Accaparée par les négociations sur la Syrie, la PJ ne peut plus traiter ses propres affaires. Le Canton ne dit rien d'une éventuelle aide policière extérieure.

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photo: Kein Anbieter

Cela fait trois mois que des pourparlers sur la situation en Syrie ont lieu à Genève. Cela fait trois mois que les forces de l'ordre cantonales, notamment la police judiciaire (PJ), s'épuisent à mener de front leur travail habituel et la gestion sécuritaire des négociations. Les inspecteurs de la PJ doivent ainsi laisser de côté certaines de leurs enquêtes. Un plan général de renonciation à plusieurs activités policières est même en préparation, selon la «Tribune de Genève».

Des inspecteurs notent que «toutes les brigades travaillent au ralenti. Même les tâches prioritaires deviennent difficiles». Des membres de la PJ seraient utilisés pour faire le planton dans des hôtels. «C'est du gâchis! s'insurge un policier (...) Nous sommes avisés quelques heures avant seulement, car rien n'est planifiable. Du coup, nous sommes obligés de laisser tomber des auditions et des opérations. Nos enquêtes s'enlisent.»

Le Ministère public s'inquiète aussi de la situation: occupée à assurer la sécurité des pourparlers, la police met les dossiers judiciaires en attente, indique le procureur général Olivier Jornot.

Pour soulager ses forces de l'ordre, Genève pourrait demander l'aide d'autres cantons, comme le font les Grisons lors du World Economic Forum à Davos. Mais pour l'heure, le Département genevois de la sécurité ne souhaite pas s'exprimer sur ce sujet.

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