Forcené de Bienne: La police toujours tenue en échec
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Forcené de BienneLa police toujours tenue en échec

Le dangereux forcené de Bienne était toujours en cavale vendredi, après avoir échappé plusieurs fois à la police.

A plusieurs reprises, ce retraité de 67 ans a réussi à échapper à la police qui est de plus en plus critiquée. Les autorités biennoises conseillent à présent à la population d'être prudente, sans céder à la psychose.

La chasse à l'homme continue sans relâche dans la région mais le fugitif court toujours. «Nous ne savons pas où il est», a reconnu devant plusieurs dizaines de journalistes le chef de la police Jura bernois-Seeland François Gaudy. Une fusillade a éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi peu après minuit quand le fugitif a tenté de regagner sa maison à la rue des Tilleuls. Personne n'a été blessé.

Longueur d'avance

La police cantonale estime peu probable que le fugitif s'en prenne à la population mais ne peut totalement exclure cette hypothèse. Le sexagénaire, armé, s'en prendrait plutôt aux autorités, a estimé M. Gaudy. Décrit comme une personne introvertie, ce fuyard semble toujours avoir une longueur d'avance sur les forces de police.

Interpellé sur l'échec de la police à arrêter le forcené lorsqu'il est revenu dans le quartier des Tilleuls, François Gaudy relève que l'homme connaît très bien le terrain, «chaque buisson». Il a pu se préparer durant des semaines, sachant qu'à cette date du 8 septembre sa maison pouvait être visitée en vue d'une vente aux enchères. «Il semble nous narguer», a déclaré M. Gaudy.

Police critiquée

Reste que la population se demande comment un homme de 67 ans peut se jouer ainsi des unités d'élite de plusieurs polices cantonales. «Je ne suis pas satisfait du résultat mais le suis en revanche du travail de la police», a relevé M. Gaudy. «Ce n'est pas un échec», a-t-il répété. Le conseiller d'Etat bernois en charge de la police Hans-Jürg Käser n'a quant à lui pas souhaité s'exprimer sur ce sujet.

Aucune information n'est donnée sur le nombre d'agents mobilisés. Mais des unités d'élite et autres renforts des cantons de Berne, Argovie, Zurich et Bâle ainsi que de la Confédération sont engagées dans ce fait divers qui prend chaque jour davantage d'ampleur.

Les autorités ne disposent toujours que de peu d'informations sur cet homme svelte et mesurant près de deux mètres. La photo publiée dans la presse date d'une vingtaine d'années. «Ce n'est pas un vieillard de 67 ans mais un homme en pleine forme et dangereux», a expliqué François Gaudy.

Appel à la prudence

La directrice biennoise de la sécurité Barbara Schwickert conseille désormais aux habitants d'être prudents. «Les autorités comprennent l'insécurité de la population», assure la conseillère municipale.

«Nous vous prions d'être attentifs et de suivre les instructions de la police. Veillez à votre propre sécurité et n'entrez pas en contact avec le forcené!», écrit la police dans un tract distribué à la population du quartier des Tilleuls.

Hotline

Tout témoin ne doit surtout pas intervenir, mais contacter la police sur la hotline (031/634'34'34). En fonction depuis jeudi, cette ligne téléphonique a reçu de très nombreux appels, a indiqué à l'ATS Florie Marion, porte-parole de la police bernoise, sans pouvoir en préciser le nombre exact. La police vérifie toutes les pistes, a-t-elle ajouté.

Ainsi, de nouveaux éléments et indices provenant de la population ont amené à de nouvelles actions des forces de l'ordre dans la région de Bienne. Elles ont par exemple investi une maison voisine de celle du forcené vendredi peu après 17h00.

L'inquiétude s'est aussi emparée de la commune d'Evilard, au- dessus de Bienne, à la mi-journée. Des forces d'intervention lourdement armées et soutenues par un hélicoptère militaire étaient en attente dans des fourgons alors que des policiers arrêtaient des voitures pour des contrôles. L'opération a pris fin avant 15h00.

L'homme, qui s'était retranché dans sa maison mercredi vers 10h00, est en cavale depuis jeudi vers 01h00 du matin, après qu'il ait très grièvement blessé un policier. La police envisage l'éventualité qu'il revienne, comme la nuit précédente, dans sa maison des Tilleuls.

Elle continue ainsi à surveiller le quartier avec un nombre stable d'agents, indique-t-elle dans un communiqué. Afin de ne pas les exposer inutilement, leur présence visible et en uniforme a été partiellement remplacée par des éléments camouflés. (ats)

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