Brésil: La police traîne le corps d'une blessée sur 300 m
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BrésilLa police traîne le corps d'une blessée sur 300 m

Le traitement réservé par les forces de l'ordre à une mère de famille prise dans une fusillade choque le Brésil. La présidente a réagi sur Twitter et les policiers ont été arrêtés.

par
joc

Claudia da Silva Ferreira, mère de quatre enfants âgée de 38 ans, s'est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment, dimanche matin. Touchée par une balle perdue lors d'une fusillade impliquant des policiers à Rio de Janeiro, la malheureuse a subi un traitement désastreux qui a conduit à son décès.

Les policiers présents sur place ont balancé la trentenaire dans le coffre de leur SUV avant de partir pour l'hôpital, relate BBC News. Au moment du démarrage, le coffre de la voiture s'est ouvert, laissant échapper la Brésilienne blessée. La malheureuse a alors été traînée sur plus de 300 mètres, sur une des routes les plus fréquentées de Rio. Ce n'est qu'une fois la voiture arrêtée à un feu rouge que deux agents sont sortis du véhicule pour replacer la blessée dans le coffre. La victime est décédée en arrivant à l'hôpital.

«Ils ne voulaient pas lui sauver la vie»

La vidéo du drame a été diffusée sur la télévision brésilienne, soulevant l'indignation de la population. «La mort de Claudia a choqué la nation. Claudia da Silva Ferreira avait quatre enfants, était mariée et se levait tôt le matin pour se rendre à son travail dans un hôpital de Rio», a twitté la présidente Dilma Rousseff. Les trois policiers impliqués dans l'incident ont été arrêtés. Ils sont accusés d'avoir agi de manière inhumaine et d'avoir ignoré les cris des passants leur demandant de s'arrêter.

Les proches de la victime estiment que la défunte a été traitée de cette manière parce que les forces de l'ordre suspectaient son appartenance à un trafic de drogue local. «Ils ont pensé que c'était une criminelle et c'est pour cela qu'ils l'ont embarquée. Ce n'était pas pour lui sauver la vie», a déclaré Tais Lima, sa fille, au journal «O Globo».

Un simple communiqué

Le gouverneur de Rio de Janeiro, Sergio Cabral, a qualifié l'attitude des policiers de «dégoûtante». «Le moins qu'il pourrait leur arriver serait une exclusion de la police,» a-t-il ajouté. Dans un communiqué, la police de Rio s'est contentée d'écrire que des policiers avaient «échangé des coups de feu avec des criminels et qu'ils avaient trouvé une femme blessée. Elle a été emmenée à l'hôpital et n'a pas survécu».

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