Genève: La police traque les campements roms
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GenèveLa police traque les campements roms

La voirie a mis à la poubelle tentes, matelas et couvertures appartenant aux Roms, mardi matin. L'association qui les défend dénonce une opération policière discriminatoire.

par
Shahïn Ammane

«Police et voirie ont sillonné la ville mardi dans une véritable chasse aux campements de fortune des Roms de passage à Genève», s'insurge Dina Bazarbachi. L'avocate et présidente de l'association de défense des Roms «Mesemrom» dénonce «une opération qui expose à un danger de mort des personnes, notamment des enfants».

Car les abris sociaux n'ouvriront que le 16 novembre prochain. Donc pour le moment, cette population se retrouve «totalement démunie, sans abri, ni aucune protection contre le froid».

Appliquer la loi

Le chef de la communication de la police précise que ses collègues ne sont en rien responsables des déboires de cette communauté: «Nous n'avons fait qu'appliquer les lois et règlements en vigueur», rappelle Eric Grandjean. Et de signaler que depuis le début de l'année, 20 opérations de ce genre ont permis d'évacuer quelque 10 tonnes de déchets.

«Nous expliquons à ces personnes, avec toute l'humanité requise, qu'elles n'ont pas le droit de dormir ou de pique-niquer sous les ponts ou dans les parcs, insiste le policier. Ils sont touristes ici et doivent donc trouver à se loger dans des hôtels ou chez des particuliers». «Ce ne sont pas des déchets que l'on évacue, martèle Dina Bazarbachi, mais des effets personnels. Si les enfants et une femmes enceinte ont trouvé refuge chez des gentilles personnes, leur famille est restée dans la rue. Elles ont dormi sans couvertures ni matelas.»

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