Liestal (BL): La policière voleuse ne peut pas être condamnée
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Liestal (BL)La policière voleuse ne peut pas être condamnée

Alors qu'une vidéo de surveillance la montre entrain de piquer dans la caisse de la cafétéria, l'agent ne risque aucune sanction pénale. Ses supérieurs l'ont couverte et les preuves sont irrecevables.

par
lom
Les faits qui se sont déroulés il y a sept ans sont désormais prescrits.

Les faits qui se sont déroulés il y a sept ans sont désormais prescrits.

Keystone/Georgios Kefalas

Irrégularités, grosses lacunes et comptabilité défaillante: les problèmes causés par la caisse de la cafétéria du commissariat de Liestal (BL) étaient tellement importants qu'une caméra de surveillance a secrètement été installée par la direction de la police. Mais personne ne soupçonnait que le piège se refermerait sur un voleur issu de leurs propres rangs, nous raconte la «Basler Zeitung».

Une policière, filmée par le dispositif clandestin, a été clairement vue entrain de se servir dans la caisse. Au moment des faits, en juin 2011, l'officier n'avait subi aucune dénonciation pénale alors qu'un tel comportement aurait immédiatement dû être signalé. A la place, elle avait été licenciée d'un commun accord avec sa direction afin de pouvoir postuler à nouveau dans la police.

Couverte par la hiérarchie

La grogne s'était fait entendre dans les rangs de la police bâloise alors que se répandait la rumeur de ce traitement de faveur. Et ce n'est qu'en mars 2018 que l'affaire est arrivée aux oreilles du bureau du procureur. Les supérieurs de la policière ont été forcés de s'excuser pour avoir caché le délit durant sept années alors qu'une lettre anonyme faisait état du vol de plusieurs milliers de francs. Une enquête a même été ouverte pour vol.

Malgré tout, la policière voleuse s'en tire aujourd'hui sans la moindre condamnation. Aucune des preuves présentées n'était recevable. Premièrement, aucune preuve ne permettait de calculer exactement le montant volé. La caisse était tellement mal gérée qu'il était impossible de dire précisément combien la policière avait dérobé. Seul le vol de 30 francs pouvait être retenu.

Poursuites abandonnées

Deuxièmement, la vidéo de surveillance était une pièce irrecevable dans le dossier en l'état. Installée de manière clandestine et illégale, le ministère public aurait dû faire une démarche spécifique afin de disposer des enregistrements en tant que preuves. Mais le délai de prescription du vol, sept ans, étant très proche, la longue procédure concernant les enregistrements a été abandonnée. Le procureur s'est donc retrouvé sans aucune preuve du délit et n'a eu d'autre choix que de clôturer le dossier.

Restent encore les résultats de l'enquête sur le favoritisme. Etant donné que toutes les infractions pénales évidentes étaient des poursuites et que, pour toutes ces infractions, ni la police ni le procureur général n'ont porté plainte dans les délais, la procédure pourrait elle aussi être abandonnée.

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