Genève: «La pollution tue encore dix fois plus que la route»

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Genève«La pollution tue encore dix fois plus que la route»

Le Conseil d'Etat a présenté lundi sa stratégie pour lutter contre la pollution de l'air. Objectif: réduire de 50% les émissions d'oxydes d'azote d'ici à 2030.

par
tpi

«A Genève, la qualité de l'air n'est pas satisfaisante.» Le constat des autorités est sans appel: le canton du bout du lac est trop pollué. Les concentrations en oxydes d'azote, en ozone ou en particules fines dépassent régulièrement les valeurs limites définies par Berne. Et les conséquences sur la santé sont dramatiques. En Suisse, quelque 3500 personnes meurent prématurément d'une maladie, respiratoire ou cardiovasculaire, liée à la mauvaise qualité de l'air, selon les chiffres de l'Office fédéral de l'environnement.

«C'est dix fois plus que les accidents de la route, il faut que les gens s'en rendent enfin compte», a tonné lundi le conseiller d'Etat chargé de l'environnement Luc Barthassat. Des maladies qui ont un impact sur les coûts de la santé, a ajouté son collègue Mauro Poggia: «Quatre milliards de francs par année au niveau suisse, 250 millions pour Genève».

Une diminution de 18% des particules fines

Le Canton a donc décidé d'agir. Il a adopté mi-décembre une Stratégie de protection de l'air. Son but: définir des objectifs chiffrés et des moyens permettant de limiter la pollution d'ici à 2030. «Une première suisse», selon l'Etat. Le texte espère ainsi une diminution de 50% des émissions d'oxydes d'azote et de 18% des particules fines.

Les coupables sont toujours les mêmes, à savoir les trafics routier et aérien, les chauffages peu performants et les chantiers à ciel ouvert. Les autorités ont défini des mesures qui doivent permettre de limiter ces nuisances, dans une perspective transfrontalière et en collaboration avec l'ensemble des acteurs concernés.

Parmi les axes d'action retenus, on retrouve la promotion des transports publics et de la mobilité non polluante, comme les voitures électriques. L'assainissement des chauffages doit aussi être accéléré. Ces actions sont souvent encore incitatives, mais l'Etat se réserve le droit de durcir le ton. «Avant de mettre des amendes, il faut discuter», estime Luc Barthassat.

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