Mitholz (Oberland bernois): Villageois face au dilemme du départ définitif
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Mitholz (Oberland bernois)Villageois face au dilemme du départ définitif

Les habitants de Mitholz hésitent entre partir définitivement ou envisager un futur retour. Le déblaiement des munitions n'est pas envisagé avant 11 ans.

Le déblaiement des munitions et l'évacuation du village de l'Oberland ne sont pas envisagés avant au moins 11 ans.

Le déblaiement des munitions et l'évacuation du village de l'Oberland ne sont pas envisagés avant au moins 11 ans.

Keystone

Le village bernois de Mitholz va profondément changer. Pour ses habitants, le projet de sécurisation de l'ancien stock de munitions rime avec un éloignement de 10 ans. Ils se trouvent dès lors face à un dilemme: partir définitivement ou envisager un futur retour.

Difficile pour les personnes concernées de trop différer la décision, même si le déblaiement des munitions et l'évacuation du village de l'Oberland ne sont pas envisagés avant au moins 11 ans. Dans l'idée d'un soutien, la Confédération voudrait prendre le pouls de la population déjà d'ici fin mars.

Les 170 résidents du village ne doivent certes pas avoir encore pris de décision définitive à cette échéance, mais la plupart devrait avoir au moins avoir engagé une réflexion. Un départ devrait être surtout difficile à envisager pour les personnes d'un certain âge, désireuses de passer leurs vieux jours dans un environnement familier, estime Roman Lanz, maire de la commune, interrogé mercredi par l'agence Keystone-ATS.

Beaucoup d'anciens habitants voudraient pouvoir remettre un jour leur maison familiale, souvent occupée depuis des générations, sans perte de valeur à leurs successeurs, a-t-il constaté lors de consultations dans la population.

Solutions spéciales recherchées

L'annonce faite mardi d'une évacuation du village pour au moins dix ans a beaucoup affecté les résidents, a relevé Roman Lanz. Ils peinent à envisager concrètement les conséquences du déblaiement du dépôt de munitions, qu'ils soutiennent par ailleurs.

«Le Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) s'est engagé à ce que le village ne soit pas seulement vidé de ses habitants, mais ait aussi ensuite un avenir», a souligné le maire.

Pour ceux qui souhaitent rester dans la commune de Kandergrund, à laquelle appartient Mitholz, du terrain constructible va être nécessaire. Mais celui-ci manque dans cette commune paysanne.

Roman Lanz a d'ores et déjà toqué à la porte de la conseillère d'Etat Evi Alleman. Cette dernière lui a assuré que, dans un cas aussi particulier, des solutions également spéciales devraient être possibles. Le conseiller d'Etat et directeur de la sécurité Philippe Müller l'a également affirmé lors de la soirée d'information à la population, promettant l'aide du canton à qui voudrait demeurer à Kandergrund.

Dédommagements

L'idée d'un déménagement ou d'un départ n'est toutefois pas la seule qui tourmente les habitants de Mitholz. Depuis l'annonce du risque constitué par l'ancien dépôt de munitions, leurs propriétés ont clairement perdu de leur valeur. Le canton de Berne a dès lors réduit d'un quart leur valeur estimative.

Selon M. Lanz, la Confédération a décidé de dédommager les propriétaires rétroactivement jusqu'à juin 2018 pour la moins-value. Cela jusqu'à l'évacuation des lieux. Ce dédommagement n'est lié à aucune condition et s'effectue sur une base volontaire de la part de la Confédération. Cela signifie aussi que cette dernière fixe son montant.

Créneaux de temps prévus

Pour que la période d'évacuation ne laisse pas trop de traces, des créneaux de temps seront prévus pour permettre aux propriétaires d'examiner leurs maisons.

Des créneaux seront aussi aménagés pour permettre l'exploitation des terrains agricoles. Ces questions doivent toutefois encore faire l'objet de discussions approfondies, a déclaré le maire de Mitholz.

Le Conseil fédéral avait indiqué en juin 2018 que le risque d'explosion dans l'ancien dépôt était plus élevé qu'estimé jusque-là, ce qui nécessiterait d'agir rapidement. Construit lors de la Seconde Guerre mondiale dans la montagne, le dépôt a déjà explosé en 1947. Il reste 3500 tonnes de munitions, soit plusieurs centaines de tonnes de substances explosives dans la caverne effondrée. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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