Actualisé 01.04.2020 à 20:58

Suisse

La Poste croule sous les colis encombrants

Le nombre d'envois traités actuellement équivaut à celui des paquets de Noël. Sauf que les centres de tri n'ont pas pu s'y préparer.

Les colis continuent d'affluer en nombre aux différents centres de tri de La Poste. Le trafic est actuellement comparable au pic de décembre avec, en plus, un bond des paquets encombrants.

Le flux de colis a augmenté d'environ 40% par rapport à un mois de mars normal, indique mercredi Laurent Savary, porte-parole de La Poste pour la Suisse romande. Le volume est comparable à celui enregistré en décembre avec le Black Friday ou Noël, explique-t-il, au centre de tri de Daillens (VD).

Mais, alors que La Poste peut se préparer chaque année au boom de décembre, cela n'a pas été le cas avec la crise du coronavirus.

Pour ne rien arranger, le géant jaune doit composer avec plusieurs salariés en moins. Cinquante-sept employés sont touchés par le Covid-19 dans toute la Suisse et 2500 le sont également de manière indirecte: ce sont par exemple des collaborateurs à risque qui ne peuvent plus travailler sur le terrain, des personnes en quarantaine pour avoir été en contact avec un malade ou des parents devant garder leurs enfants.

Colis encombrants et envois de nourriture

La taille des colis pose aussi problème. «Nous voyons par exemple passer des bacs à sable pour les enfants, des maisons de jardin ou des tapis de course», raconte Laurent Savary. «Ces paquets ne peuvent pas être traités de manière mécanisée, mais manuellement. C'est difficile à gérer», reconnaît-il. Le traitement de tels colis est d'autant plus compliqué qu'ils ne peuvent être manipulés par un seul employé.

Face à la hausse du nombre de ces colis encombrants, La Poste a décidé dès cette semaine de limiter temporairement la taille autorisée. Les colis sont notamment limités à des longueurs de 150 cm / 80 cm / 60 cm. Le poids maximum, lui, reste inchangé à 30 kg.

Outre les colis volumineux, Laurent Savary souligne que les envois de denrées alimentaires sont trois fois plus nombreux qu'à l'accoutumée. «Il y a aussi certainement beaucoup de colis qui contiennent de l'alimentation sans qu'on le sache», relève-t-il.

Mesures de protection

Pour protéger ses employés, La Poste a pris plusieurs mesures. A Daillens, par exemple, chaque employé bénéficie d'un flacon de gel désinfectant qu'il peut remplir à différents endroits du centre, explique Laurent Savary.

Autre aménagement, les facteurs n'entrent plus tous en même temps dans le centre, mais en trois vagues pour éviter qu'il y ait trop de monde au même endroit. Cela a des répercussions sur la distribution, et notamment les horaires: «Si un facteur commence deux heures plus tard, il finira deux heures plus tard», remarque Laurent Savary. (ats)

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