Succession de Boris Johnson: La préférée des sondages attaquée par ses rivaux

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Succession de Boris JohnsonLa préférée des sondages attaquée par ses rivaux

Les candidats encore en lice pour entrer à Downing Street sont auditionnés à huis clos, jeudi, par les députés conservateurs. Penny Mordaunt semble sortir du lot.

Ancienne ministre de la Défense, la Britannique de 49 ans est peu connue du grand public.

Ancienne ministre de la Défense, la Britannique de 49 ans est peu connue du grand public.

AFP

Les attaques se sont multipliées jeudi, contre Penny Mordaunt, secrétaire d’État quasi inconnue mais en pleine ascension dans la course pour devenir Premier ministre. Une semaine après l’annonce de la démission de Boris Johnson, Mordaunt, ancienne ministre de la Défense de 49 ans, battrait tous ses rivaux dans un duel final, selon un sondage YouGov.

Les candidats encore en lice devaient être auditionnés à huis clos, jeudi, par les députés conservateurs, qui votent en fin de journée pour continuer l’écrémage des prétendants. À l’issue d’un premier tour mercredi, l’ex-ministre des Finances Rishi Sunak est arrivé en tête, suivi par Penny Mordaunt, devant la ministre des Affaires étrangères Liz Truss.

Une blague transphobe

Si à la droite du parti, on s’était jusque-là contentés d’attaquer Sunak, c’est vers Penny Mordaunt que les coups partent désormais. Dans une campagne au vitriol, certains Tories l’accusent d’avoir des positions trop «woke». Elle a notamment déclaré que «les femmes trans sont des femmes» quand elle était secrétaire d’État à l’Égalité. Une position qui passe mal chez les conservateurs même si Mordaunt a complètement changé son discours, depuis qu’elle est candidate, tentant même une blague transphobe lors de son meeting, mercredi.

«Je crois que c’est Margaret Thatcher qui avait dit que tout le monde avait besoin d’un Willie (Whitelaw, le numéro 2 de l’ancienne Première ministre). Une femme comme moi n’en a pas», a-t-elle affirmé sous les éclats de rire. En anglais, «willy» signifie aussi pénis.

David Frost, l’ancien négociateur du Brexit, en a rajouté une couche en remettant en question ses qualités professionnelles quand elle travaillait pour lui. «On ne pouvait pas toujours compter sur elle, elle n’était pas visible, parfois elle n’était même pas là», a-t-il lancé sur la chaîne Talk TV, émettant de «sérieuses réserves» sur sa capacité à diriger le pays. Certains conservateurs la voient malgré tout comme la meilleure option pour tourner la page des scandales.

Truss se lance

Les autres candidats encore dans la course sont le député Tom Tugendhat, la conseillère juridique du gouvernement Suella Braverman et l’ex-secrétaire d’État à l’Égalité, Kemi Badenoch. D’autres scrutins sont prévus la semaine prochaine pour arriver à deux finalistes avant les vacances parlementaires, le 22 juillet. Ils devront ensuite être départagés par les adhérents du parti. Le résultat est attendu le 5 septembre.

Autre candidate sérieuse, la cheffe de la diplomatie Liz Truss a lancé jeudi formellement sa campagne. Elle qui n’a pas quitté le gouvernement malgré les démissions en cascade la semaine dernière a rallié à sa cause les fidèles du Premier ministre déchu. «Je vais faire campagne telle une conservatrice et je gouvernerai telle une conservatrice», a scandé la candidate de 46 ans, affirmant être «prête à être Première ministre».

Parmi les six candidats figurent quatre femmes, une prétendante noire et deux personnes d’origine indienne. Cette diversité historique dans un pays qui n’a jamais connu de chef de gouvernement non-blanc est un non-sujet dans la campagne, épargnée pour l’instant par les polémiques racistes ou sexistes.

Trois débats télévisés sont prévus dans les prochains jours.

(AFP)

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