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Football - Coupe du mondeLa préparation est décisive sur ce Mondial

Des matches qui tournent dans les arrêts de jeu, des rencontres de plus en plus intenses... Les préparateurs physiques ont une grande importance, dans le football moderne.

par
Robin Carrel
Moscou
Aleksandr Golovin a couru plus de 25 km en deux parties!

Aleksandr Golovin a couru plus de 25 km en deux parties!

Keystone/Peter Powell

C'est quasiment une constante depuis le début des hostilités en Russie: les équipes qui courent le plus sur le pré obtiennent un résultat positif (une victoire pour les «gros», au moins un nul pour les «petits»). Hasard? Bien sûr que non. Le football moderne demande désormais une condition physique pointue, sans quoi votre équipe ira au devant de grosses désillusions...

L'intensité est la clé

On peut aussi, bien sûr, évoquer les 1395 passes réussies par les Espagnols jusqu'ici, ou alors les 107 sauvetages et tacles réussis par les Iraniens, mais Mathieu Degrange, lui, regarde les données physiques et si c'est peut-être un détail pour vous, pour lui, ça veut dire beaucoup. Le poste de préparateur physique est devenu absolument indispensable dans n'importe quelle équipe professionnelle, comme au sein des équipes nationales et après des passages au sein de la Suisse M21, dans le hockey, à Sion et maintenant au FC Bâle, autant dire que notre interlocuteur en connaît un rayon dans le domaine.

Dans le discours du néo-Rhénan, c'est le mot «intensité» qui est prépondérant, tout comme la capacité des formations à garder un même rythme au long des 95 minutes de jeu. «Il ne faut pas se griller en première période, indique-t-il. On a vu la Serbie, vendredi, être très en jambes dans la première heure, avant de plonger physiquement.» Ce n'est d'ailleurs pas la première fois, de loin, qu'une rencontre tourne dans les derniers instants, appuyant encore une fois l'importance d'arriver au top sur ce genre d'événements.

Espaces entre les lignes

Iran-Maroc (1-0) et Egypte – Uruguay (0-1) ont basculé aux 95e et 89e minutes, l'Angleterre avait vaincu la Tunisie (2-1) grâce à Harry Kane à la 91e, le Brésil a fini par mettre à terre le Costa Rica (2-0) dans les arrêts de jeu (91e et 97e), la Suisse a attendu la réussite de Shaqiri à la 90e pour exulter contre les Serbes (2-1) et l'Allemagne s'est sauvée avec un succès contre la Suède (2-1) à la 95e. «Quand on est fatigué, on ne peut plus répéter les mêmes efforts et il y a davantage d'espaces entre les lignes», décrypte Mathieu Degrange.

S'il n'est pas dans le secret des Dieux des sélections, il se délecte toutefois de cette Coupe du monde. «C'est le top!, dit-il. Tu as tous les meilleurs joueurs de la planète réunis dans le même tournoi et, actuellement, tu ne peux plus arriver sur un tel événement sans être absolument au meilleur de ta forme. Avant, le Brésil, l'Allemagne, l'Italie étaient au-dessus physiquement. Aujourd'hui, toutes les équipes sont au point à ce niveau-là.»

Car Degrange scrute les chiffres et ceux-ci mentent rarement. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la Russie, hôtesse du tournoi et qu'on attendait pas forcément en haut de l'affiche, a réussi son entrée en lice en battant l'Arabie Saoudite (5-0) et l'Egypte (3-1). Ce sont, en effet, les Russes qui ont le plus couru depuis le début du Mondial, avec respectivement 118 km et 115 km parcourus. Le seul Aeksandr Golovin a parcouru 25 km en deux matches! Derrière la Sbornaya, à la troisième place, on retrouve l'Uruguay avec «seulement» 112 km couverts. De quoi exciter les chantres de l'anti-dopage, sachant les casseroles que traîne le pays...

Les préparateurs ont également un travail très fin à réaliser avant la compétition. «C'est le jour et la nuit avec ce qu'on fait en club, annonce Degrange, qui a connu les deux positions et avait notamment emmené la Suisse espoirs en finale de l'Euro des moins de 21 ans en juin 2011. Là, on est en fin de saison avec des joueurs qui sont normalement en vacances. La clé, c'est l'individualisation des programmes.» Il faut donc doser les charges d'entraînement pour que des éléments comme Mario Gavranovic (3569 minutes jouées cette saison), Xherdan Shaqiri (3080'), Breel Embolo (1101') ou Haris Seferovic (1364') aient un niveau aussi homogène que possible lors de leur entrée en lice. Oui, le métier de préparateur physique est devenu une science!

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