Obama un an après: «La présidence ne l'a pas changé»
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Obama un an après«La présidence ne l'a pas changé»

Douze mois après l'élection de Barack Obama, l'heure est au bilan. Charles Adams, avocat américain installé à Genève, connaît bien le président et juge positivement son action malgré une popularité en baisse.

par
tpi

Avocat d'affaires américain, Charles Adams est installé à Genève depuis plus de 20 ans. Démocrate convaincu, il s'est engagé très tôt auprès de Barack Obama. Il est notamment l'homme à l'origine d'une spectaculaire levée de fond au bénéfice de la campagne d'Obama dans la Cité de Calvin, à laquelle George Clooney avait pris part. Un an après la folle nuit du 4 novembre 2008, Charles Adams confie son admiration envers le 44è président des États-Unis.

20 minutes online: Charles Adams, quel bilan faite vous de la première année de présidence de Barack Obama?

Charles Adams: Globalement c'est positif, même très positif. L'action de l'administration Obama aura réussi à éviter une dépression en mettant en place un plan de stimulation économique. Une réforme du système de santé américain est en bonne voie, alors que les gouvernements démocrates précédents s'y étaient toujours cassés les dents. Enfin, les liens avec la communauté internationale ont été rétablis après huit ans de désert. C'est donc un palmarès plus qu'honorable.

Pourtant, la ferveur qui entourait l'élection de Barack Obama est en train de s'essouffler.

Sa popularité s'essouffle, c'est normal. L'élection est un point culminant. Une fois que le match est joué, tout le monde retourne à son quotidien.

Plusieurs promesses de campagne peinent tout de même à se concrétiser. Le problème de Barack Obama n'est-il pas de sortir du niveau du discours pour passer aux actes?

Des actions il y en a eu à répétition. Mais on ne peut pas s'attendre à des miracles. En revanche c'est vrai que plusieurs de ses partisans, dont moi, restent sur leur faim sur certains dossiers, comme la fermeture de la prison de Guantanamo, ou la guerre en Afghanistan. Beaucoup reste à faire, et les Etats-Unis ne se sont pas transformés en une nation progressiste et éclairée en une nuit. Le président le sait et doit composer avec cette donnée et faire des compromis.

Ses détracteurs, ainsi que plusieurs observateurs démocrates, jugent Barack Obama un peu faible sur certains dossiers nationaux et internationaux. Ce sentiment ne risque-t-il pas de rendre sa présidence stérile, à l'image de celles de Jimmy Carter ou John F. Kennedy?

Barack Obama n'est pas faible, au contraire. Et je pense que le monde est unanime sur le sujet. Il a ramené les Etats-Unis à la place qui est la leur au sein de la communauté des nations. Son action n'est donc pas perçue comme faible, même si certains problèmes endémiques subsistent, comme le Proche-Orient, l'Irak ou encore la Corée du Nord. Il n'y a pas de bâton magique.

Vous avez souvent été présenté comme un proche du clan Obama. Avez-vous eu des contacts avec le président pendant ces douze derniers mois?

Oui j'ai des contacts réguliers avec lui. Je ne le comptes pas parmi mes proches, mais nous nous sommes parlés une demi-douzaine de fois sur cette dernière année. La présidence ne l'a pas changé, il reste égal à lui-même. La fonction de président lui correspond, il a trouvé sa voie.

Les républicains gagnent trois importantes élections

Dans la nuit de mardi à mercredi, les électeurs de Virginie et du New Jersey, deux états de l’est des États-Unis, étaient appelés à choisir leur gouverneur. Et ce sont deux républicains qui ont été élus. Idem à New York, où le maire sortant, le républicain Michael Bloomberg, a été reconduit dans ces fonctions.

Selon l’analyse de Charles Adams, ces trois votes ne menacent pas le gouvernement Obama, ni son avenir politique. L’avocat se montre même confiant dans la perspective d’une réélection lors du scrutin présidentiel de 2012. «A ce stade, je vois mal les républicains opposer une résistance crédible, même si tout peut arriver», affirme Charles Adams.

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