Mali : La présidentielle perturbée par la pluie
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Mali La présidentielle perturbée par la pluie

«Pour le moment c'est la catastrophe», soupire le responsable d'un centre de vote de Bamako, où la pluie est venue perturber dimanche le début du second tour de l'élection présidentielle au Mali. Les éléments ont dissuadé les électeurs de se déplacer.

Près de 6,9 millions de Maliens élisent dimanche leur nouveau président.

Près de 6,9 millions de Maliens élisent dimanche leur nouveau président.

La capitale malienne et sa région se sont réveillées sous un ciel gris et bas, avec de fortes pluies par intermittence. De nombreux électeurs semblaient dans un premier temps préférer rester chez eux que de devoir affronter les intempéries pour aller voter.

Cette météo maussade est logique en saison des pluies, appelée «l'hivernage» en Afrique de l'Ouest. Plusieurs observateurs avaient d'ailleurs mis en garde contre la tenue d'élections en cette période qui empêche des électeurs d'aller voter.

Faible affluence

«La pluie veut gâcher notre journée, j'espère que ça va cesser, sinon il faudra prolonger le vote», déclare Oumar Touré, un des rares électeurs présents à l'ouverture d'un centre de vote installé dans un école du centre-ville.

Mariam Kanté, étudiante, constate elle aussi que dans ce même bureau il n'y a presque personne, alors qu'à la même heure au premier tour «il y avait déjà beaucoup de monde». «Il faut que la pluie nous laisse accomplir notre devoir civique, c'est l'avenir du Mali qui est en jeu», ajoute-t-elle.

A Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de Bamako, Djibril Coulibaly, président d'un gros bureau de vote au lycée Diango Cissé, constate que «pour l'instant, il n'y a personne. Prions Dieu pour que la pluie s'arrête».

Mobylettes immobilisées

Sur la route entre Bamako et Kati, il y a de l'eau un peu partout, qui empêche le passage de véhicules, en particulier les nombreuses motocyclettes dont les passagers ont été obligés de rebrousser chemin alors qu'ils se rendaient aux urnes.

La mobylette de Madou Diakité, 20 ans, s'arrête brutalement. «C'est à cause de la pluie, mon moteur a bu de l'eau», dit-il en riant. Il va se mettre à l'abri sous un arbre attendre que la pluie cesse pour aller accomplir son devoir électoral.

Kati est la ville où est situé le quartier général du capitaine Amadou Sanogo, meneur coup d'Etat du 22 mars 2012 qui a renversé le président élu Amadou Toumani Touré et précipité le Mali dans une crise politique et militaire sans précédent. La présidentielle doit rétablir l'ordre constitutionnel interrompu à ce moment-là.

Courageux turfistes

Selon un délégué de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), une des trois structures chargées d'organiser la présidentielle, «pour le moment c'est la catastrophe». Il note que dans le Lycée de Badalabougou où il se trouve, «lors du premier tour, à pareil moment, il y avait au moins 300 personnes ici. Aujourd'hui, vous voyez, il n'y en a même pas 20 et on espère vraiment que la pluie va cesser et que les gens vont venir voter».

Le temps risque d'avoir une incidence sur la participation à ce second tour qui oppose deux vétérans de la vie politique malienne, Ibrahim Boubacar Keïta et Soumaïla Cissé. Au premier tour, le 28 juillet, la participation avait atteint 48,98%, un taux exceptionnel pour ce type d'élection au Mali, où il n'avait jamais dépassé 38%.

En revanche, la pluie ne semble pas avoir dissuadé les joueurs de tiercé: devant le bureau du PMU de Bamako, les turfistes sont nombreux. «Nous, l'élection on s'en fout un peu. Le plus urgent, c'est de nourrir la famille», affirme l'un d'entre eux. (ats)

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