Actualisé 15.03.2006 à 14:22

La presse donne Prodi vainqueur du duel télévisé avec Berlusconi

Le chef de l'opposition italienne Romano Prodi est sorti vainqueur du duel télévisé qui l'a opposé mardi au chef du gouvernement Silvio Berlusconi, selon un sondage et la mojorité des journaux italiens.

Plus de 16 millions de personnes ont suivi la confrontation d'une heure et demie diffusée sur la chaîne publique Rai 1, soit un taux d'audience de 56,75 %, a indiqué mercredi l'Auditel. C'est l'équivalent d'un match de l'équipe nationale de football.

«Seize millions d'Italiens, plus tous ceux qui ont écouté la radio ou se sont connectés sur l'internet, ont pu enfin suivre une conversation tranquille, au cours de laquelle chacun avait un temps pour s'exprimer, comme cela se fait dans tous les pays civilisés», a commenté Romano Prodi avec une pique pour Silvio Berlusconi, qui a déploré les règles imposées pour le temps de parole.

Marathonien contre sprinter

Les leaders des deux coalitions de partis qui s'affronteront les 9 et 10 avril pour les élections législatives ont chacun revendiqué la victoire après ce premier débat. Mais plusieurs quotidiens ont donné l'avantage à M. Prodi, apparu plus détendu et concret que son adversaire.

«Prodi à l'attaque, Berlusconi sur la défensive», titre ainsi le quotidien de Rome «Il Messaggero», un journal pourtant plutôt classé à droite. «A la fin, le marathonien (Prodi) s'est imposé sur le sprinter (Berlusconi)», ajoute le journal.

«Prodi mène (le débat), Berlusconi suit», juge «La Stampa», le journal du groupe Fiat, pour qui le leader de l'opposition a parlé comme s'il était «président du Conseil en charge», alors que le chef du gouvernement a quitté le plateau agacé.

Trop strict pour Berlusconi

Mardi soir, Silvio Berlusconi s'est plaint lors de sa dernière intervention des conditions trop strictes entourant le débat et qui ne lui auraient pas permis de rebondir efficacement. Mais selon «La Repubblica», connu pour ses penchants à gauche, M. Berlusconi est apparu comme «un leader rancunier (...) qui a épuisé tout ce qu'il a de bon ou de mauvais à offrir».

Le plus fort tirage du pays, «Il Corriere della Sera», dont le directeur a clairement pris parti pour Romano Prodi la semaine dernière, ne donne quant à lui pas de vainqueur. Mais il publie un sondage selon lequel 42,6 % des 600 personnes interrogées ont donné M. Prodi comme vainqueur du débat, contre 35,6 % le «Cavaliere».

Débat «décent»

Interrogé par des journalistes mercredi matin, Romano Prodi s'est félicité que la confrontation n'ait pas tourné autour de l'habituelle accusation de «communistes, communistes, communistes» de la part du chef du gouvernement, ce qui a permis un débat «un peu décent».

Le «Professeur» s'est également défendu face aux commentateurs qui ont qualifié le débat de trop courtois, voire ennuyeux. «Nous ne sommes pas au spectacle. Nous ne sommes pas des danseuses. Nous sommes-là pour parler des problèmes du pays. Si c'était ennuyeux, cela veut dire que nous avons touché le sujet», a-t-il lancé. (ats)

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