Actualisé 11.03.2013 à 13:55

Mali

La presse muette jusqu'à la libération d'un journaliste

Les journalistes maliens ont décidé de lancer à compter de mardi une opération «presse morte» jusqu'à la libération d'un des leurs arrêté la semaine dernière par les services de renseignements.

«Nous avons décidé à l'issue de notre Assemblée générale de ne pas paraître, et de ne pas diffuser, par voie des ondes, jusqu'à la libération de notre confrère du Républicain arrêté», a déclaré à la presse Sambi Touré, directeur de publication d'Info Matin, autre journal de Bamako.

Au cours de l'Assemblée générale, plusieurs journalistes ont pris la parole pour «dénoncer les violations répétées de la liberté d'expression au Mali».

Le directeur de publication du quotidien Le Républicain, Boukary Daou (bien Daou), a été arrêté le 6 mars à Bamako, en raison de la publication d'une lettre ouverte de soldats contre le capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo.

Dans cette lettre au président par intérim Dioncounda Traoré, «des soldats au front» se disaient «révoltés par les avantages accordés» au capitaine Sanogo.

Salaire critiqué

«Nous avons appris que pendant que nous mourons, nous, dans le grand désert, le capitaine Sanogo, pour avoir fait un coup d'Etat, et mis le pays dans la situation que nous connaissons, doit bénéficier d'un salaire de quatre millions FCFA» (près de 7500 francs suisses) par mois, indiquait cette lettre signée d'un certain «capitaine Touré».

«Si cette décision n'était pas annulée dans les deux semaines suivantes, nous cesserons, nous, c'est-à-dire mes éléments et moi, de combattre», ajoutait-il.

Lors d'une conférence de presse lundi à Nouakchott, le président Traoré a déclaré: «Nous sommes en situation de guerre, tout Malien doit avoir une conscience aiguë de la portée de ce qu'il peut dire ou écrire. Car pousser les troupes à déserter, à quitter le front (...) dépasse la liberté de la presse».

Le capitaine Sanogo a été officiellement investi en février à la tête d'un comité de réforme de l'armée.

Le coup d'Etat du 22 mars 2012 avait précipité la chute du nord du Mali aux mains des islamistes armés liés à al-Qaida qu'une intervention militaire franco-africaine a depuis chassés des principales villes de la région.

Les combats se poursuivent cependant dans des zones désertiques du nord-est du Mali où se sont retranchés des islamistes armés. (afp)

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