Fumée passive: La presse salue le rejet de l'initiative
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Fumée passiveLa presse salue le rejet de l'initiative

Une victoire pour la liberté individuelle et pour le fédéralisme: la presse suisse a salué dans son ensemble le non à l'initiative sur la fumée passive sorti des urnes dimanche.

En rejetant l'initiative, «le peuple a salué la responsabilité individuelle et les notables progrès de politesse et de civilité dont on a trop longtemps cru les fumeurs incapables», relève le «Quotidien jurassien». «Chacun semble trouver son bonheur avec la législation actuelle.»

Pour «Le Courrier», le très net non marque la fin d'un cycle après le récent durcissement. Il n'en demeure pas moins que «les poumons de dizaines de milliers de travailleurs des bistrots attendront des jours meilleurs pour être protégés. Le quotidien genevois parle aussi d'une défaite cuisante pour la Ligue pulmonaire suisse.

«L'argument de la liberté des cantons à légiférer dans le cadre fédéral a sans doute pesé lourd», écrit «Le Temps». Pour le quotidien lémanique, les votants auraient été «probablement motivés par un souci de respect des institutions fédérales». D'après les partisans interrogés par le journal, le texte était aussi trop touffu et a pu susciter quelques doutes d'interprétation.

Pour la «Tribune de Genève», le timing de la votation n'était pas bon, puisque «trop rapproché des précédentes interdictions». Comme «24 heures», le journal s'étonne du non du canton de Vaud, pourtant l'un des plus restrictifs: il rappelle que 89% des 1500 Vaudois interrogés par MIS Trend s'étaient déclarés pour les interdictions en vigueur dans le canton à la suite de l'initiative cantonale de 2008.

Pas de société de l'interdiction

Dans «La Liberté», on note que l'échec de l'initiative s'explique avant tout par le fait qu'«il ne faut pas pousser le bouchon trop loin sur le comptoir». «La loi fédérale en vigueur depuis mai 2010 fait déjà ses preuves» en matière de lutte contre le tabagisme passif, note le journal fribourgeois.

Outre-Sarine, le ton est unanime. La «Neue Zürcher Zeitung» met ainsi en exergue la «nette et surprenante» solidarité entre la majorité des non-fumeurs et la minorité constituée par les fumeurs. Pour le quotidien zurichois, ce signal fort signifie que «la Suisse ne veut pas d'une société fondée sur l'interdiction».

Pour le journal voisin «Tages-Anzeiger» et le bernois «Bund», les Suisses ont refusé une interdiction de fumer sévère et uniforme à travers le pays. Les citoyens ont privilégié la liberté de chaque canton de décider de manière autonome de ses règles et lois, la loi fédérale fixant le standard minimum.

Après la musique, les beaux-arts

Les deux autres initiatives soumises à votation dimanche, celle en faveur de la promotion de l'enseignement musical et celle pour la sécurité du logement à la retraite, ont suscité moins de commentaires, en particulier dans la presse romande. La première a été largement acceptée, alors que la seconde était rejetée à 52,6%.

A propos de la musique, «La Liberté» relève que «ce glissement de nouvelles compétences vers Berne pourrait être contagieux: pourquoi la promotion de la musique et non celle des beaux-arts, par exemple? L'occasion pour l'éditorialiste de mentionner que, de la sorte, des prérogatives cantonales sont cédées à la Confédération.

(ats)

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