Crise de l'UBS: La presse se montre amère sur les bonus
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Crise de l'UBSLa presse se montre amère sur les bonus

La presse se disait mercredi amère après la publication des résultats 2008 de l'UBS.

Les bonus redistribués par une banque «sous perfusion» de l'Etat, le manque de transparence ou les pouvoirs publics étaient dénoncés par les journaux romands, plus critiques que leurs homologues alémaniques.

«Le peuple ne peut qu'être scandalisé» par les 2,2 milliards de bonus, trois fois les recettes prévues par le Canton du Jura en 2009, relève «Le Quotidien Jurassien» (QJ). L'affaire «n'est pas prête de s'éteindre», selon «24 heures» et la «Tribune de Genève» (TdG), et elle laisse un «goût amer», soulignent «L'Express» et «L'Impartial».

La transparence est elle aussi mise en cause dans les éditoriaux. «La Liberté» se demande quel sens ont encore les rendez- vous trimestriels. «Au centime près, la perte historique de l'UBS est celle annoncée par les rumeurs», s'étonne le quotidien fribourgeois. «La transparence, une fois encore, laisse à désirer», ajoute-t-il.

Un manque de transparence pour lequel la Confédération est également rendue responsable. «Le Conseil fédéral (...) aurait dû se prémunir afin de ne pas servir de caution à une généreuse distribution de bonus», déplore le QJ.

Crainte

Contrairement aux Etats-Unis à la Grande-Bretagne ou encore à la France, les autorités suisses craignent «de se brûler les pattes» sur la question des rémunérations, renchérissent «L'Express» et «L'Impartial».

«Mais la Suisse est le pays des banques et des banquiers», relève «Le Matin». Raison pour laquelle «le Conseil fédéral et le Parlement ont (...) préféré signer un chèque en blanc de 6 milliards de francs sans rien exiger». Choqué par l'annonce du versement de 2,2 milliards de francs de bonus, le quotidien orange estime qu'»on aurait pu demander des garanties».

«UBS, plus que jamais, est devenue une affaire d'Etat. Parce que sa faillite serait une véritable catastrophe pour l'économie suisse, mais aussi parce que son sauvetage pose de véritables problèmes de morale», résument «24 heures» et la TdG.

Tabou

«La Liberté» va même jusqu'à regretter le tabou sur le débat lié à «la nationalisation de l'UBS, en dépit des milliards injectés par le contribuable». «Dommage», insiste l'éditorial qui estime que «les parlementaires opposés au contrôle direct par la Confédération (...) perdent une occasion de redorer leur blason auprès de petits patrons à court de liquidités».

Seule consolation, la décision de se concentrer sur la gestion de fortune et les «affaires suisses au détriment de la banque d'affaires», soulignent encore «L'Express» et «L'Impartial».

«Le Temps» salue également «le net recentrage annoncé par UBS sur sa clientèle privée suisse et internationale, qui signale les nouvelles priorités de la banque».

Autre banque

Mais certains mettent déjà en garde. «YouBeEs a décidé de redevenir l'Union de Banques Suisses, comme souvent après de gros bouillons spéculatifs, rencontrés sur le marché nord-américain. (...) L'histoire nous dira combien de temps ces bonnes résolutions tiendront à nouveau», concluent «24 heures» et la TdG.

«Le Temps» perçoit cette réorganisation comme «un échec dissimulé»: l'établissement zurichois «ne veut pas admettre que, sous la pression des fonds publics, il a cherché à se débarrasser, en vain, de sa banque d'affaires américaine».

«Aujourd'hui, UBS est déjà une autre banque», révèle le quotidien genevois. «En 2005, UBS ambitionnait d'être la «plus grande banque d'affaires du monde». En 2009, (...) la banque ambitionne d'être la plus grande banque privée du monde, mais n'ose le proclamer haut et fort (...)».

Irritation

Côté alémanique, la «Basler Zeitung» estime elle que les mesures prises comme le regroupement de «secteurs isolés» ne suffisent pas. L'attitude des dirigeants irrite aussi le «Tages-Anzeiger». Le quotidien zurichois regrette qu'ils aient comparé la crise à une catastrophe naturelle et aient essayé de se décrire «comme victimes et pas comme coupables». La banque a perdu en matière de confiance, selon le «Blick».

Mais plus largement, les journaux alémaniques étaient plus tendres que leurs homologues romands. Sur les bonus, la «Neue Luzerner Zeitung» parle d'un «certain nombre de signes de raison» concernant les «incitations financières dans la branche».

Les analystes s'attendaient à de plus grandes pertes, souligne de son côté la «Neue Zürcher Zeitung». Le quotidien zurichois estime que les restructurations montrent que «la banque peut finalement s'occuper de l'avenir».

(ats)

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