RIE III: «La pression de l'UE et de l'OCDE ne va pas faiblir»
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RIE III«La pression de l'UE et de l'OCDE ne va pas faiblir»

Le président d'Economiesuisse reconnaît sa défaite après les votations du 12 février. Et presse le Conseil fédéral d'agir vite, mais sans précipitation.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Heinz Karrer veut désormais une nouvelle mouture de RIE III.

Heinz Karrer veut désormais une nouvelle mouture de RIE III.

Keystone

Economiesuisse reconnaît sa défaite dans la votation sur la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III) de dimanche,mais son président reconnaît des erreurs de campagne, comme celle de n'avoir pu convaincre que la baisse des rentrées fiscales allait être compensée à plus long terme.

«C'est la raison principale de ce net refus», a regretté Heinz Karrer dans une interview parue lundi sur le site Watson. Il ne reproche rien aux citoyens mais il se pose la question de savoir pourquoi les partisans de la RIE III n'ont pas réussi à faire passer leur message.

Incertitude sur les délocalisations

Heinz Karrer refuse également d'y voir une conséquence de la RIE II, lorsque les pertes fiscales, évaluées dans un premier temps par le Conseil fédéral à quelques dizaines de millions de francs, s'étaient finalement élevées à plusieurs milliards. «Les rentrées fiscales ont ensuite grimpé, mais encore une fois, cet argument n'a pas convaincu les citoyens.»

RIE III: l'UDC surpris de la clarté du résult

Les Suisses ont voté contre la troisième réforme de l’imposition des entreprises. Jean-François Rime, conseiller national (UDC/FR) et président de l’usam, est déçu et surpris de clarté du résultat.

Le président d'Economisuisse estime également que l'intervention d'Eveline Widmer-Schlumpf a joué «mais nous ne savons pas à quel point». Il appelle surtout le Conseil fédéral à préparer une nouvelle version «rapidement mais sans précipitation, car la pression de l'Union Européenne et de l'OCDE ne va pas faiblir».

Heinz Karrer ne sait pas si de nombreuses entreprises vont quitter la Suisse. «Nous verrons cela dans les deux prochaines années mais cela concerne des entreprises mobiles qui peuvent relativement vite déménager. La probabilité est toutefois importante d'assister à une telle tendance.»

L'USAM sur le gril

S'il loue l'alliance avec l'Union suisse des arts et métiers (USAM), ce n'est pas le cas de certains partis bourgeois. Le réaction de la fédération après le résultat et son refus d'entendre parler d'une hausse de l'imposition sur les dividendes ou de l'introduction d'une taxe sur les gains en capitaux a consterné le PDC, raconte le Tages-Anzeiger.

Son président Gerhard Pfister a regretté un «style déplorable» et le conseiller national lucernois Leo Müller estime qu'il faut savoir se montrer ouvert au compromis en un jour de défaite. Peter Hegglin, l'ancien président de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des finances et conseiller aux Etats zougois, estime que l'augmentation de l'imposition des dividendes doit être une option.

Le PLR fait également profil bas et cherche à tirer les leçons du scrutin. Le conseiller aux Etats neuchâtelois Raphaël Comte juge qu'il «faut discuter d'un contre-financement». Quant à la présidente du parti, Petra Gössi, elle ne veut pas s'exprimer à ce sujet mais pense qu'à la fin, «tout le paquet doit jouer».

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