Lausanne : «Ici, les militants sont plus jeunes et plus revendicateurs»

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Lausanne «Ici, les militants sont plus jeunes et plus revendicateurs»

Le collectif Pride de nuit, qui se place aux croisements de plusieurs luttes, a organisé sa première manifestation samedi, dans les rues de la capitale vaudoise. La police a compté environ 4000 participants, les organisateurs le double. 

par
Lauren von Beust
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Le cortège a démarré au Parc de Milan et s'est terminé à la Place de la Riponne.

Le cortège a démarré au Parc de Milan et s'est terminé à la Place de la Riponne.

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Le cortège a démarré au Parc de Milan et s'est terminé à la Place de la Riponne.

Le cortège a démarré au Parc de Milan et s'est terminé à la Place de la Riponne.

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Le cortège a démarré au Parc de Milan et s'est terminé à la Place de la Riponne.

Le cortège a démarré au Parc de Milan et s'est terminé à la Place de la Riponne.

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«La communauté queer, c’est ça. Et pas des chars Crédit Suisse ou UBS», déclare, dans le cortège lausannois, une jeune femme, la vingtaine, «née avec des seins, mais qui aurait préféré ne pas en avoir». Celle qui envisage une transition pour devenir Tom applaudit l’organisation de la première «contre-Pride» ou Pride de nuit de Suisse, qui s’est tenue à Lausanne, samedi. 

Au lendemain de l’entrée en vigueur du mariage pour tous, cette manifestation queer, féministe, antiraciste, écologiste et anticapitaliste a réuni environ 4000 participants et s’est déroulée dans une ambiance calme et festive, selon la police. Les organisateurs – le collectif lausannois Pride de nuit – en ont compté le double.

Quelque soit le nombre, c’était la première pour une militante, qui a fait son «coming out bi-» depuis peu. «La Pride, c’est le moment où l’on peut être nous-mêmes. Peu importe où elle a lieu. Et là, c’est beaucoup d’émotion…», confie cette trentenaire, au bord des larmes. 

Le mouvement des Gay Prides était radical à ses débuts dans les années 1960 et 1970, déclare l’historien spécialiste du sujet, Thierry Delessert.

20minutes/Gilles Brönnimann

«Plus jeune» et «plus politique»

Première fois aussi pour Diane et Rose-Marie, deux sœurs âgées de 15 à 17 ans, qui ont regretté de ne pas avoir pu défiler samedi dernier à Bulle. Natacha, 39 ans, est, elle, allée en Gruyère et trouve le cortège lausannois «plus politique». «On présente ça comme la Pride, mais peut-être faudrait-il lui trouver un autre nom. Je crois qu’on s’éparpille en voulant regrouper tous les combats», partage-t-elle. Ni féministe ni membre de la communauté LGBTIQA+, cette trentenaire, venue défendre l’égalité, l’équité et les valeurs humaines, s’y retrouve néanmoins. 

«Je participe aux Prides en France et aux Etats-Unis, mais ici, les militants sont plus jeunes, plus revendicateurs. C’est un bon point pour faire avancer les choses», commente Luis, 34 ans. En tant que gay, ce Montpelliérain (F) est venu soutenir la cause queer, mais ne partage pas tous les slogans. Alors que, sur l’avenue Louis-Ruchonnet, la foule scande plusieurs fois «Tout le monde déteste la police!», Luis glisse un timide mais assumé: «Pas moi!»

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