Yverdon-les-Bains: La prison, ultime salut d'un SDF devenu pyromane
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Yverdon-les-BainsLa prison, ultime salut d'un SDF devenu pyromane

Un Suisse de 41 ans est poursuivi depuis lundi par le Tribunal correctionnel pour incendie intentionnel. Il avait mis le feu chez son logeur quand la police a voulu le déloger.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye

«Il a quitté le radar de l'assistance sociale, de l'AI et du chômage. Son geste était un appel à l'aide. Aujourd'hui, la justice doit entendre son SOS.» Me Elie Elkaim a demandé lundi au Tribunal correctionnel du Nord vaudois de se montrer indulgeant avec Alain en donnant un verdict «qui donne sens aux choses». Alain est un cas atypique. Sans aucun revenu et inconnu des services sociaux, de l'AI et de la caisse de chômage, ce Suisse de 41 ans menait une vie de nomade. Pour avoir un toit où dormir, l'ancien peintre en bâtiment sollicitait l'hospitalité de «généreux chrétiens».

Intervention du DARD

En juillet 2012, le natif de Genève tombe sur un homme de 92 ans qui lui offre le gîte pour une nuit à Sainte-Croix (VD). Mais les jours passent et Alain, qui n'a pas d'autre solution, refuse de quitter les lieux. Des gendarmes débarquent pour le déloger. Il leur promet qu'il va déguerpir. Du bluff. Le lendemain, les forces de l'ordre sont de nouveau là. L'intrus se barricade. Le Détachement d'action rapide et de dissuasion (DARD), l'unité d'élite de la police, se rend sur place. Alain utilise de l'alcool à brûler pour bouter le feu à l'appartement. Puis, il tente vainement d'éteindre le sinistre. Et contre toute logique, il se rend à la cuisine et, de la fenêtre, jette un téléviseur. Par chance, l'appareil ne tombe pas sur un passant.

Le ministère public a requis un an de peine privative de liberté – suspendue au profit d'un traitement en institution –, 20 jours-amende à 20 fr. et 200 fr. d'amende. L'homme âgé qui avait offert l'hospitalité au SDF est décédé au mois de mai.

Selon un psychiatre entendu lundi par le tribunal, le quadragénaire suisse souffre de schizophrénie. «Si Jésus était vivant aujourd'hui, il serait considéré comme un schizophrène», a rétorqué calmement le prévenu. Verdict mardi.

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